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"Nos morts violentes, disparitions, douleurs sont un profit pour le système capitaliste": femmes Zapatistes 2nde rencontre internationale de femmes qui luttent

tags : ezln, feminismo, pl-fr, un,

Paroles des femmes zapatistes lors de l’inauguration de la Seconde Rencontre internationale de femmes qui luttent


 ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE
MEXIQUE
 27 décembre 2019
Compañeras et sœurs,
Bienvenue à toutes sur ces terres zapatistes,
Bienvenue aux sœurs et compañeras des différentes géographies des cinq continents,
Bienvenue aux compañeras et sœurs du Mexique et du monde,
Bienvenue aux sœurs et compañeras des Réseaux de Résistance et de Rébellion,
Bienvenue aux compañeras du Congrès National Indigène-Conseil Indigène de Gouvernement,
Bienvenue aux compañeras de la Sexta nationale et internationale,
Bienvenue aux compañeras des bases de soutien zapatistes,
Bienvenue aux compañeras miliciennes et insurgées de l’EZLN.

Sœur et compañera,

Nous t’informons que, jusqu’à hier, 26 décembre 2019, s’étaient inscrit.e.s pour cette seconde rencontre

3259 femmes,
95 enfants,
26 hommes

des 49 pays suivants :

  1. Allemagne
  2. Algérie
  3. Argentine
  4. Australie
  5. Autriche
  6. Bangladesh
  7. Belgique
  8. Bolivie
  9. Brésil
  10. Canada
  11. Catalogne
  12. Chili
  13. Colombie
  14. Costa Rica
  15. Danemark
  16. Équateur
  17. Salvador
  18. Espagne
  19. États-Unis
  20. Finlande
  21. France
  22. Grèce
  23. Guatemala
  24. Honduras
  25. Inde
  26. Angleterre
  27. Irlande
  28. Italie
  29. Japon
  30. Kurdistan
  31. Macédoine
  32. Norvège
  33. Nouvelle Zélande
  34. Pays Basque
  35. Paraguay
  36. Pérou
  37. Pologne
  38. Porto Rico
  39. Royaume-Uni
  40. République dominicaine
  41. Russie
  42. Sibérie
  43. Sri Lanka
  44. Suède
  45. Suisse
  46. Turquie
  47. Uruguay
  48. Venezuela
  49. Mexique
Compañera et sœur,

Nous sommes très contentes que tu aies pu arriver jusqu’à nos montagnes et, si tu n’as pas pu venir, nous te saluons aussi parce que tu es attentive à ce qui se passera ici lors cette seconde rencontre internationale de femmes qui luttent.

Nous savons bien que tu as souffert pour arriver jusqu’ici. Nous savons que tu as dû laisser ta famille et tes amis. Nous savons bien quel effort et quel travail tu as dû faire pour pouvoir te payer le voyage et venir de ta géographie jusqu’à la nôtre.

Mais nous savons bien aussi que ton cœur est content car ici tu vas rencontrer d’autres femmes qui luttent.

Peut-être que soudain cela t’aidera dans ta lutte d’écouter et de connaître d’autres luttes menées en tant que femmes que nous sommes.

Que nous soyons en accord ou pas avec d’autres luttes et leurs manières et leurs géographies, à toutes, cela nous sert d’écouter et d’apprendre.

C’est pour cela qu’il ne s’agit pas d’entrer en compétition pour voir quelle est la meilleure lutte ; l’idée, c’est de partager et de partager avec nous.

C’est pour cette raison que nous te demandons de toujours respecter les différentes pensées et les différentes manières.

Toutes celles qui sont ici, et bien d’autres qui ne sont pas présentes, nous sommes des femmes qui luttons.

Nous avons des façons de faire différentes, c’est certain.

Mais tu sais que notre pensée en tant que zapatistes que nous sommes est que ça ne sert à rien que toutes, nous ayons les mêmes pensées et les mêmes manières.

Nous pensons que la différence n’est pas une faiblesse.

Nous pensons que la différence est une force puissante s’il y a du respect entre nous et qu’il existe un accord pour lutter ensemble mais sans perdre nos particularités.

Nous te demandons donc que tu partages ta douleur, ta rage et ta lutte avec dignité et que tu respectes les autres douleurs, les autres rages et les autres dignes luttes.

Compañera et sœur,

Nous avons fait tout notre possible pour que tu sois contente et en sécurité.

Ça semble simple à dire, mais nous savons bien qu’il y a bien peu d’endroits dans le monde où nous pouvons être contentes et en sécurité.

Et c’est pour ça que nous sommes là, parce que ce qui nous mène ici c’est notre douleur et notre rage contre la violence dont nous souffrons, nous les femmes, pour le seul délit d’être femme.
Comme tu pourras le voir ces jours-ci, la présence d’hommes en ce lieu n’est pas permise.

Qu’importe si ce sont des hommes bons, ou si ce sont des hommes ordinaires, ou si ce sont  “des hommes on n’y peut rien”, ils ne peuvent pas être ici durant ces journées.

Ce lieu et ces journées sont seulement pour les femmes qui luttent, c’est-à-dire pas n’importe quelle femme.

Les compañeras insurgées et les miliciennes sont chargées de prendre soin de nous et de nous protéger ces jours-ci et en ce lieu.

Nous avons aussi fait l’effort pour que tu aies un endroit où te reposer, où manger et où faire ta toilette.

Que ce soit pour le repos, la nourriture ou la toilette, nous te demandons que tu te comportes en sœur et en compañera surtout avec les femmes qui sont «de sagesse», c’est-à-dire celles qui sont âgées.

Nous devons les respecter car elles ne sont pas nouvelles dans la lutte d’en tant que femme que nous sommes.

Leurs cheveux blancs, leurs maladies, leurs rides, elles ne les ont pas obtenues en se vendant au système patriarcal.

Ni en se rendant au machisme.
Ni en capitulant ou en ayant changé de pensée de la lutte pour les droits des femmes que nous sommes.

Elles sont qui elles sont parce qu’elles ne se sont pas vendues, ni rendues, ni ont capitulé.
Et aux femmes âgées, de sagesse, nous leur demandons aussi de respecter et de saluer les plus jeunes, qu’elles soient adultes ou enfants.

Car cette lutte est aussi la leur. Et elles ne manquent ni de décision, ni d’engagement.

Si nous ne laissons pas les géographies nous diviser, alors ne laissons pas non plus les calendriers nous diviser.

Toutes, quel que soit le calendrier que nous portons ou la géographie dans laquelle nous vivons, nous faisons la même chose : nous luttons pour nos droits en tant que femmes que nous sommes.

Par exemple, pour notre droit à la vie.

Et c’est là que nous sommes tristes et remplies de chagrin parce que, plus d’un an après la première rencontre, nous ne pouvons pas rendre de bons comptes.

Partout dans le monde, on continue à tuer des femmes, à les faire disparaître, à les violenter et à les mépriser.

Cette année, les violences, les disparitions et les meurtres de femmes n’ont pas cessé.
Ce qu’on sait, c’est qu’ils ont augmenté.

Et nous, en tant que zapatistes, nous le voyons comme quelque chose de très grave.
C’est pour cela que nous avons convoqué cette deuxième rencontre sur un seul thème : la violence contre les femmes.

Sœur et compañera, toi qui as pu arriver jusqu’ici et toi qui n’as pas pu, nous voulons t’écouter et te regarder car nous avons des questions à te poser.

Comment t’es-tu organisée ?
Qu’est-ce que tu as fait ?
Que s’est-il passé ?
Parce que, rappelle-toi que lors de notre première rencontre, nous nous sommes engagées à nous organiser dans nos différents lieux, pour qu’il n’y ait plus d’assassinées, de disparues, d’humiliées, de méprisées.

Mais nous voyons que c’est encore pire qu’avant.
Ils disent que l’égalité des genres existe car dans les mauvais gouvernements, il y a autant d’hommes que de femmes qui mal-dirigent.
Mais ils continuent de nous assassiner.

Ils disent que les femmes ont maintenant plus de droits par rapport à leur salaire.
Mais ils continuent de nous assassiner.
Ils disent que les luttes féministes ont beaucoup avancé.
Mais ils continuent à nous assassiner.
Ils disent que maintenant la parole des femmes compte plus.
Mais ils continuent à nous assassiner.
Ils disent que maintenant les femmes sont prises en compte.
Mais ils continuent à nous assassiner.
Ils disent que maintenant il y a plus de lois qui protègent les femmes.
Mais ils continuent à nous assassiner.
Ils disent que maintenant c’est très bien vu de parler en bien des femmes et de leurs luttes.
Mais ils continuent à nous assassiner.
Ils disent qu’il y a des hommes qui comprennent la lutte de celles que nous sommes en tant que femmes et qui vont même jusqu’à se dire féministes.
Mais ils continuent à nous assassiner.
Ils disent que les femmes sont maintenant présentes dans plus d’espaces.
Mais ils continuent de nous assassiner.
Ils disent que maintenant il y a même des supers héroïnes dans les films.
Mais ils continuent de nous assassiner.
Ils disent qu’ils sont plus conscients du respect envers la femme.
Mais ils continuent de nous assassiner.
Chaque fois plus d’assassinées.
Chaque fois plus brutalement.
Chaque fois avec plus de hargne, de colère, de jalousie et de haine.
Et chaque fois plus impunément.

En d’autres mots, il y a chaque fois plus de machos qui ne sont pas punis, qui ne sont pas condamnés, comme si de rien n’était, comme si assassiner une femme, la faire disparaître, l’exploiter, l’utiliser, l’agresser, la mépriser, ce n’était rien.

Ils continuent de nous tuer et en plus ils nous demandent, exigent de nous, nous ordonnent de bien nous comporter. Et on a peine à le croire mais, qu’un groupe de travailleuses et travailleurs bloque une route, ou fasse grève, ou manifeste, ça fait un grand scandale.

Ils disent qu’on viole les droits des marchandises, des voitures, des objets.
Et dans les médias il y a des photos, des vidéos, des reportages, des analyses et des commentaires contre ces manifestations.

Mais qu’on viole une femme, c’est à peine s’ils ajoutent ou suppriment un chiffre dans leurs statistiques.

Et que les femmes protestent et taguent les monuments de ceux d’en-haut, qu’elles brisent leurs vitres, qu’elles leurs crient leurs vérités à ceux d’en-haut, alors là oui, gros tapage.
Mais s’ils nous font disparaître, nous assassinent, alors ils ne font qu’ajouter un chiffre : une victime de plus, une femme de moins.

Comme si le puissant souhaitait montrer clairement que ce qui est important est son profit,  pas la vie.
Les voitures, les pierres, les vitres, les marchandises ont de la valeur.
La vie ne vaut rien.
Et si c’est la vie d’une femme, eh bien elle vaut encore moins.
C’est pour ça que nous, en tant que zapatistes que nous sommes, c’est à dire que nous sommes anticapitalistes et antipatriarcales, eh bien nous y avons réfléchi, à pourquoi le système marche comme ça.

Et donc, eh bien il semble que nos morts violentes, nos disparitions, nos douleurs, soient un profit pour le système capitaliste, parce que le système ne permet que ce dont il peut tirer un bénéfice, que ce qui lui fait gagner de l’argent. C’est pourquoi nous disons que le système capitaliste est patriarcal.
C’est le patriarcat qui vaut et qui commande, même si la contremaître est une femme.
Ce que nous pensons, c’est que pour lutter pour nos droits, par exemple le droit à la vie, il ne suffit pas de lutter contre le machisme, le patriarcat ou comme vous voudrez l’appeler.
Nous devons aussi lutter contre le système capitaliste.

Cela va de pair, c’est ce que nous disons nous les femmes zapatistes.
Mais nous savons qu’il y a d’autres pensées et d’autres modes de lutte de celles que nous sommes en tant que femmes.
Soudain, nous comprenons quelque chose.
Soudain, nous apprenons quelque chose.
C’est pour cela que nous invitons toutes les femmes qui luttent.
Peu importe leur pensée ou leur manière.
Ce qui importe c’est que nous luttions pour notre vie, qui maintenant plus que jamais est en danger partout et tout le temps.
Même s’ils disent et prêchent qu’il y a beaucoup d’avancées pour les femmes, la vérité c’est que jamais avant dans l’histoire de l’Humanité il n’a été aussi mortel d’être une femme.
Tu as vu, compañera et sœur, qu’ils disent que telle ou telle profession est la plus dangereuse.
Que c’est plus dangereux d’être journaliste, ou d’être force répressive, ou d’être juge, ou d’être un mauvais gouvernement.

Mais, toi comme nous, nous savons que le plus dangereux maintenant dans le monde c’est d’être femme.
Peu importe si c’est une femme enfant, jeune ou adulte ou âgée.
Peu importe si elle est blanche, jaune, rouge ou de la couleur de la terre.
Peu importe si elle est grosse, maigre, grande, petite, belle ou moche.
Peu importe si elle est de classe élevée, moyenne ou basse.
Peu importe sa langue, sa culture, ses croyances, son militantisme.
A l’heure de la violence, ce qui importe uniquement c’est d’être femme.

Sœur et compañera :
En tant que zapatistes que nous sommes, nous savons qu’ils nous donneront beaucoup d’exemples de femmes qui ont avancé, qui ont triomphé, qui ont gagné des prix et de bons salaires, qui ont réussi, comme ils disent.

Nous répondons en leur parlant des violentées, des disparues, des assassinées. Alors nous leur répondons que, là-haut, ils parlent de droits conquis par quelques-unes de là-haut.
Alors nous leur disons, nous leur expliquons, nous leur crions qu’il manque le plus élémentaire des droits pour toutes les femmes, le plus important : le droit à la vie.
Et nous l’avons déjà souvent dit, compañera et sœur, mais maintenant nous le répétons : le droit à la vie et tous les autres droits que nous méritons et dont nous avons besoin, personne ne va nous les offrir.

L’homme ne va pas nous les offrir, que celui-ci soit mauvais, bon, ordinaire ou “on n’y peut rien”.
Le système capitaliste ne nous les offrira pas, peu importe le nombre de lois ou de promesses qu’il fasse.

Le droit à la vie, et tous les droits, nous devons les conquérir.
Tout le temps et en tous lieux.
C’est à dire que pour les femmes qui luttent il n’y a pas de repos.
Sœur et compañera, nous devons nous défendre.
Nous auto-défendre en tant qu’individues et en tant que femmes.
Et surtout nous devons nous organiser pour nous défendre.
Nous soutenir toutes.
Nous protéger toutes.
Nous défendre toutes.
Et nous devons commencer maintenant.
Mes compañeras coordinatrices de la rencontre m’ont chargée de vous dire ces mots parce que je suis maman d’une petite fille et elle est ici avec moi.
Parce que notre devoir en tant que femmes que nous sommes et qui luttent est de nous protéger et de nous défendre.
Et d’autant plus si la femme est à peine une petite fille.
Nous devons la protéger et la défendre avec tout ce que nous avons.
Et si nous n’avons plus rien, alors avec des bâtons et des pierres.
Et si nous n’avons ni bâtons ni pierres, alors avec notre corps.
Avec nos ongles et avec nos dents, nous devons la protéger et la défendre.
Et apprendre aux petites filles à se protéger et à se défendre quand elles seront grandes et avec leurs propres forces.
C’est ainsi, sœur et compañera, nous devons vivre sur la défensive.
Et nous devons apprendre à nos enfants à grandir sur la défensive.
Et ce jusqu’à ce qu’elles puissent naître, s’éduquer et grandir sans peur.
Nous en tant que zapatistes pensons que c’est mieux pour cela d’être organisées.
Nous savons qu’il y a celles qui pensent que cela peut aussi se faire de manière individuelle.
Mais nous, nous le faisons organisées en tant que zapatistes que nous sommes.
Parce que nous sommes des femmes qui luttons oui, mais nous sommes des femmes zapatistes.
Pour cela, compañera et sœur, le résultat que nous t’apportons c’est que parmi nos compañeras zapatistes cette année, aucune n’a été assassinée ou portée disparue.
Oui, nous avons quelques cas, selon la dernière réunion que nous avons eue, de violence contre la femme.

Et nous sommes en train de voir comment punir les responsables, tous des hommes.
Et non seulement les autorités autonomes s’en occupent, mais nous aussi nous nous en occupons en tant que femmes zapatistes que nous sommes.
Et nous te disons aussi la vérité que parfois nous nous dispute entre nous, compañera et sœur. Nous nous disputons pour des bêtises de femmes que nous sommes.
Peut être que l’on perd du temps dans ces disputes débiles car maintenant nous sommes vivantes et en sécurité.

Parce qu’il y eut un temps durant lequel nous vivions seulement la mort.

Et, la vérité, en voyant comment sont les choses dans ton monde, ne te vexe pas sœur et compañera, mais nous espérons qu’arrive le jour où vous vous disputiez et vous vous battiez pour savoir qui est la plus jolie, la plus jeune, la plus intelligente, la mieux habillée, plus de fiancés ou de fiancées, ou de maris ou d’épouses, ou parce que vous avez les même habits, parce que vos enfants sont meilleurs ou pires ou pour ces choses qui arrivent dans la vie.

Parce que ce jour-là, compañera et sœur, cela voudra dire que ça, la vie, n’est plus un problème. Alors peut-être pourrons-nous être aussi débiles que les hommes et raconter des blagues et des âneries.

Ou peut-être que non, peut-être que nous comprendrons donc que, libres et en vie, les problèmes sont autres et que différentes sont les disputes et les batailles.

Mais en attendant qu’arrive ce jour, sœur et compañera, eh bien, nous devons prendre soin de nous entre nous.
Nous protéger entre nous.
Et nous défendre entre nous.
Parce que tu le sais bien, compañera et sœur, nous sommes en guerre.
Eux pour nous tuer.
Nous pour vivre, mais vivre sans peur, bref vivre libres.
Et c’est à cause de cette peine, de cette rage que nous avons de ne pas pouvoir vivre libres, que nous voulons adresser un cri de rage au monde entier.
Et aussi un encouragement à lutter à toutes et chacune des femmes qui sont violentées physiquement et de toutes les manières existantes.
Et, en tant que femmes zapatistes, nous envoyons une accolade particulière aux familles et aux amis des femmes disparues et assassinées.
Une accolade qui leur fera savoir qu’elles ne sont pas seules et que, à notre façon et en notre lieu, nous accompagnons leur demande de vérité et de justice.
Parce que c’est pour cela que nous nous réunissons, sœur et compañera.
Pour crier notre peine et notre rage.
Pour nous accompagner et nous motiver.
Pour nous prendre dans les bras.
Pour savoir que nous ne sommes pas seules.
Pour chercher des chemins de soutien et d’entraide.
Voici notre petit mot, sœur et compañera.
Les insurgées et miliciennes ont préparé une discussion selon leur façon à elles et ça va se passer maintenant ; et c’est là que nous te rappellerons la petite lumière que nous t’avons donnée lors de la première rencontre.

Plus tard nous commencerons les travaux de cette réunion en consacrant toute la journée d’aujourd’hui aux plaintes.

Nous allons consacrer ce lieu et cette journée à dénoncer la violence dont nous souffrons.
Aujourd’hui c’est une seule table de plaintes et ici, le micro sera ouvert.
Ici nous allons pouvoir passer et prendre la parole et sortir notre rage, notre colère sur tout ce qu’ils nous font.
Et toutes nous allons écouter avec attention et respect.
Personne d’autre ne va écouter ce que nous dirons.
Seulement nous qui sommes des femmes qui luttons et qui sommes ici présentes.
Alors sans gêne, sœur et compañera, dis clairement ta douleur, pleure ta colère, crie ta rage.
Et sois-en sûre, qu’au moins nous, les zapatistes, nous allons faire une place dans notre cœur collectif et, à travers nous qui sommes ici, des dizaines de milliers de femmes indigènes zapatistes t’accompagneront.
Et ensuite, demain, nous devrons partager entre nous les idées, les travaux et les expériences que vous amenez pour trouver les chemins à prendre afin que se termine ce cauchemar de douleur et de mort.
Et le dernier jour de cette rencontre nous allons le consacrer à la culture, à l’art et à la fête.
Ainsi, un jour nous crions nos douleurs et nos colères.
Un autre jour, nous partageons des idées et des expériences.
Et le troisième jour, nous crions de joie et de force.
Parce que nous sommes des femmes qui souffrons.
Mais aussi nous sommes des femmes qui pensons et qui nous organisons.
Et, surtout, nous sommes des femmes qui luttons.
Et ça sera ainsi.
Alors maintenant, tu le sais, tu es la bienvenue compañera et sœur.
Toi qui es arrivée et toi qui n’es pas là mais qui y es avec le cœur.

-*-

Alors, au nom des femmes zapatistes de tous les âges, et à 13h57, heure zapatiste, du 27 décembre 2019, je déclare formellement inaugurée cette Seconde Rencontre internationale de femmes qui
luttent, ici dans les montagnes du Sud-est mexicain.

Depuis le semencier «Traces des pas de la commandante Ramona», Caracol “Tourbillon de notre parole”, montagnes zapatistes en résistance et en rébellion.

Commandante Amada.
Mexique, décembre 2019.

Solidarité avec les peuples de l'Isthme de Tehuantepec (Mexique)

tags : pl-fr,

Nous vous partageons cette lettre ouverte, traduction d'un document en espagnol que vous pouvez trouver ici
( https://elistmoesnuestro.org/2020/01/01/campana-global-el-istmo-es-nuestro/ ).

Les peuples de l'Isthme de Tehuantepec (Mexique) lancent un appel aux médias et à l'opinion publique internationale pour soutenir leur mouvement de protection de leur territoire et faire pression sur le gouvernement mexicain qui veut mettre en place un méga-projet qui consisterait en "un monstrueux canal sec multimodal alternatif au canal de Panama au profit du commerce corporatif global, qui prétend relier de manière très rapide la circulation massive de tous types de marchandises, biens et produits entre l’Océan Atlantique (Golfe du Mexique, pour faciliter la sortie vers l’Europe et la Côte Est des États-Unis) et l’Océan Pacifique (sortie vers la Chine, le Japon, l’Indonésie, l’Australie et la côte Ouest des États-Unis)".

Les conséquences seront: plus de concessions minières, plus d’extraction de pétrole et de gaz naturel de façon conventionnelle ou par « fracking », de nouveaux gazoducs et oléoducs, la modernisation,la privatisation et la construction de raffineries, plus de parcs éoliens (implication évidente d'EDF), des barrages hydroélectriques, des cultures commerciales (forestières et agroindustrielles), des hôtels de luxe pour tourisme d’élite, etc.

Tout cela en violant les droits des peuples en déclarant toute la région, zone franche (libre d'impôts) au profit d'entreprises multinationales et en ayant simulé des « consultations populaires » !

Pour soutenir cette campagne, il suffit d'envoyer les noms d'organisations et/ou de personnes aux contacts mentionnés en bas de la lettre ouverte.






>> El Istmo es nuestro (3).pdf (49036)



pour suivre la campagne globale, allez sur : www.elistmoesnuestro.org




En savoir plus : https://www.ki6col.com/news/solidarite-avec-les-peuples-de-listhme-de-tehuantepec-mexique/?fbclid=IwAR2cHdpkjxDeyuVfY7ZZneArF5eLjHB_1rZsS-mDhsfO_HcTgB6vMc8CXvA

Presos de Comitan hacen un llamado para detener proyectos de muerte !


Desde el CERSS No 10 en Comitan Chiapas hacen el llamado a detener los proyectos de muerte

CERSS No 10
Comitán Chiapas México
Hermanxs compañerxs al pueblo de México y el mundo hacemos un llamado de conciencia a favor de nuestra madre tierra.

Ya que sabemos que el presidente Andrés Manuel López obrador ha recibido la orden de sus patrones los capitalistas y empresarios a sembrar muerte y destrucción a través de medio proyectos y los que se han opuesto han sido asesinados cobardemente en el caso del compañero Samir Flores Soberanes por defender la madre tierra por defender los pueblos tradiciones por mantener vivas las ceremonias que han sostenido la cultura y el conocimiento indígena y su transmisión a través de generaciones de represión y genocidio.


Porque los sueños de las empresas están construidos sobre la extracción de recursos naturales y nosotros los de la resistencia nuestra conciencia nos ha dictado detener los megaproyectos extractivos de muerte y su simulación del supuesto desarrollo como el llamado tren Maya más bien es el tren de la muerte que trae destrucción de la selva y la extinción de los animales.

Sabemos que los proyectos extraen los bienes de nuestras tierras sagradas que andan que andan robando contaminando la tierra y el agua con el fin de vender y no tener la posibilidad de vivir en la tierra y eso es el interés de los colonizadores patriarcales de la supremacía blanca y capitalista y nuestro camino será la liberación de nuestra madre tierra y la cultura de las garras de la tiranía capitalista.

Unamos nuestras voces y fuerzas.
Nunca más un México sin nosotros

Atentamente
Organización Vineketik en Resistencia
Adherente a la Sexta Declaración de la Selva Lacandona del EZLN
Marcelino Ruíz Gómez


Ejidatari@s de Tila en defensa del territorio y la madre tierra #SamirVive

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Las Abejas se movilizan por l@s asesinad@s en defensa de la Madre tierra #SamirVive


 
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Organización Sociedad Civil Las Abejas de Acteal
Tierra Sagrada de los Mártires de Acteal
Municipio de Chenalhó, Chiapas, México.
20 de febrero de 2020.

Al público en general
Hermanas y hermanos:

En el marco de las JORNADAS EN DEFENSA DEL TERRITORIO Y LA MADRE TIERRA “SAMIR SOMOS TODAS Y TODOS” exigimos justicia por los asesinatos de nuestros compañeros:
• Samir Flores Soberanes, del pueblo nahua de Amilcingo, Morelos.
• Julián Cortés Flores, del pueblo mephaa de la Casa de Justicia de San Luis Acatlán, Guerrero.
• Ignacio Pérez Girón, del pueblo tsotsil del municipio de Aldama, Chiapas.
• José Lucio Bartolo Faustino, Modesto Verales Sebastián, Bartolo Hilario Morales e Isaías Xanteco Ahuejote del pueblo nahua, organizados con el Concejo Indígena y Popular de Guerrero – Emiliano Zapata (CIPOG – EZ).
• Juan Monroy y José Luis Rosales, del pueblo nahua de Ayotitlán, Jalisco.
• Feliciano Corona Cirino, del pueblo nahua de Santa María Ostula, Michoacán.
• Josué Bernardo Marcial Campo, también conocido como TíoBad, del pueblo popoluca de Veracruz.


Los compañeros mencionados arriba, fueron asesinados por defender los derechos humanos, el Territorio, la Madre Tierra y por tener otro modo de pensamiento, opuesto al sistema de mal gobierno en México y luchar contra los despojos de los ricos empresarios: https://www.congresonacionalindigena.org/…/asesinan-a-sami…/
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Como Organización No Violenta y sobrevivientes de la Masacre de Acteal, exigimos al gobierno de Andrés Manuel López Obrador detener los asesinatos en contra de las y los defensores de los derechos humanos y la cancelación definitiva del Tren Maya, el Proyecto Integral Morelos y demás mega proyectos que no nos benefician.

Actualmente, la Madre Tierra está amenazada aquí en México, está siendo saqueada y ultrajada por los ricos empresarios con la complicidad del gobierno y, por lo tanto, consideramos que tenemos la responsabilidad de defenderla.

A quienes nos han leído, nos han escuchado, y sobre todo, a las hermanas y hermanos que nos han acompañado físicamente y a distancia, reciban nuestro agradecimiento. Nuestra lucha y el rechazo a los asesinatos de nuestros compañeros, no se acaban en este día, sino que seguirán el tiempo que sea necesario.

Desde Acteal, Casa de la Memoria y Esperanza.

Atentamente

La Organización de la Sociedad Civil de Las Abejas de Acteal

Por la Mesa Directiva:
Simón Pedro López Pérez Francisco López Sántiz Hilario Jiménez Pérez #SamirVive
#DefensadelTerritorio #CNI #CIG



























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"il n'y a pas de repos pour les femmes qui luttent" Commandate Yesica #EZLN, annonçant une action mondiale le 08/03

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PAROLES DES FEMMES ZAPATISTES À LA CLÔTURE DE LA DEUXIÈME RENCONTRE INTERNATIONALE DES FEMMES QUI LUTTENT

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBERATION NATIONALE.
MEXIQUE.
Le 29 décembre 2019.

Compañeras et sœurs,
Nous tenons à dire et à formuler quelques mots en cette clôture de la deuxième rencontre internationale des femmes qui luttent. Nous avons déjà entendu la parole des tables de travail et leurs propositions et d’autres propositions qui sont faites.

Ces propositions et d’autres qui sortiront quand vous serez dans vos géographies, que vous y penserez et réfléchirez dans votre cœur ce que nous avons vu ici et écouté ces jours-ci, nous veillerons à ce que toutes celles qui y ont assisté, et en particulier celles qui n’ont pas pu venir, puissent en prendre connaissance, donner leur opinion et avoir leur mot à dire.


Nous pensons que c’est important parce que, si nous ne nous écoutons pas nous-mêmes en tant que femmes que nous sommes, ça ne sert à rien de le faire, parce que ça veut dire que nous ne sommes pas des femmes qui se battent pour toutes les femmes mais seulement pour notre propre idée ou pour notre groupe ou pour notre organisation.

Ça parait facile de dire que nous devons penser et réfléchir aux propositions, mais c’est difficile car même pour ça il faut s’organiser.
Nous vous proposons donc ce premier accord :

1.- Que toutes nous fassions et connaissions les propositions qui nous viennent à l’esprit au sujet des violences contre les femmes, c’est-à-dire que nous ayons des propositions pour savoir comment mettre fin ce grave problème que nous avons en tant que femmes que nous sommes.
Vous êtes d’accord ?
Bon, à l’heure où nous préparons ce message nous ne savons pas si vous répondez que vous êtes d’accord ou pas.
Mais si nous sommes d’accord, nous avons donc un an, sœur et compañera, pour avancer dans ce travail.
Il ne faudrait pas que l’an prochain nous nous réunissions et que se poursuive la violence contre les femmes et que nous n’ayons ni idées ni propositions de comment la faire cesser.
-*-
Autre chose que nous voulons dire et que nous avons écouté attentivement comme femmes zapatistes ce sont les plaintes qui ont eu lieu ces jours-ci.

Et bien il nous paraît incroyable, compañera et sœur, qu’on parle tellement du progrès, de la modernité et du grand développement qu’il y a dans ces mondes, et qu’il n’y ait même pas quelqu’un qui ait un peu d’humanité pour s’émouvoir de ces malheurs, de ces douleurs et de ces désespoirs qui ont été dits, plus ceux qui ne l’ont pas été.

Comment est-ce possible qu’une femme avec ces douleurs, ces peines, ces colères, ces rages doive venir jusque dans ces montagnes du Sud-est mexicain pour recevoir le minimum que l’on se doit entre femmes, une étreinte en soutien et du réconfort.

Peut-être la femme qui n’a pas souffert de violence pense-t-elle que ce n’est pas important, mais quiconque qui a un peu de cœur sait que cette étreinte, ce réconfort, est une manière de dire, de communiquer, de crier que nous ne sommes pas seules.

Et tu n’es pas seule, compañera et sœur.

Mais ça ne suffit pas.
Ce n’est pas seulement du réconfort dont nous avons besoin et que nous méritons.
Nous avons besoin de vérité et de justice et nous les méritons.
Nous avons besoin et nous méritons de vivre.
Nous avons besoin de liberté et nous la méritons.
Et ces besoins si importants nous pourrons peut-être les conquérir si nous nous soutenons, nous protégeons et nous défendons.
C’est le message que nous ont donné les insurgées et miliciennes:
Répondre à l’appel de la femme qui demande de l’aide,
La soutenir.
La protéger.
Et la défendre avec ce que nous avons.
Alors nous demandons que les insurgées et les miliciennes nous répètent leur message.

————————————————————————
(se hace el ejercicio de las milicianas e insurgentas)
(Les miliciennes et insurgées répètent leur exercice)
————————————————————————

Merci à nos compañeras insurgées et miliciennes qui ont pris soin de nous, qui nous ont protégées et défendues durant ces jours-ci de la rencontre.
Alors ici nous vous faisons part de notre deuxième proposition d’accord :

2.- Que si n’importe quelle femme dans n’importe quelle partie du monde, de n’importe quel âge, de n’importe quelle couleur de peau demande de l’aide parce qu’elle est attaquée avec violence, nous répondions à son appel et cherchions la manière de la soutenir, de la protéger et de la défendre.
Vous êtes d’accord ?
Bon, quand nous écrivons ce message nous ne connaissons pas votre réponse, mais nous poursuivons.
Bon, sœur et compañera, pour cela, de nous défendre, de nous protéger et de nous soutenir, nous devons être organisées, ça nous le savons.
Et nous savons aussi que chacune a son mode d’organisation.
Mais si chaque organisation ou groupe ou collectif de femmes qui luttent se déplace de son côté, ce n’est pas la même chose que s’il se déplace avec l’accord et en coordination avec d’autres groupes, collectifs et organisations.
Et pour ces accords et coordinations, nous devons être en communication, nous prévenir entre nous, discuter entre nous, nous mettre d’accord donc entre nous.
Alors nous vous disons ici notre troisième proposition d’accord :




3.- Que tous les groupes, collectifs et organisations de femmes qui luttent qui veulent se coordonner pour des actions communes nous échangions des formes de communiquer entre nous, que ça soit par téléphone, Internet ou autre.
Vous êtes d’accord ?
Bon, nous avons déjà entendu votre réponse.
Une dernière chose avant de terminer et de clôturer cette Seconde Rencontre internationale de femmes qui luttent.
C’est à propos du calendrier.
Nous savons que peu importe le jour, la semaine, le mois ou l’année, dans quelque endroit du monde, il y aura une femme qui a peur, qui est agressée, qui est portée disparue ou qui est assassinée.
Nous avons déjà dit qu’il n’y a pas de repos pour les femmes qui luttent.
Alors nous voulons faire ici, et à travers celles qui nous écoutent ou nous lisent ou nous regardent, une proposition d’action conjointe.
Ça peut être n’importe quel jour de l’année, car nous savons déjà comment est le système patriarcal qui ne se repose pas pour nous violenter.

Mais nous proposons que cette action conjointe des femmes qui luttent partout dans le monde soit le prochain 8 mars 2020.

Nous proposons que ce jour-là chaque organisation, groupe ou collectif fasse ce qu’il pense être le mieux.

Et que chacune nous portions la couleur ou le signe qui nous identifie, selon la pensée et la manière de chacune.

Mais que toutes nous portions un ruban noir en signe de douleur et de souffrance pour toutes les femmes disparues et assassinées partout dans le monde.



Pour qu’ainsi nous leur disions, dans toutes les langues, dans toutes les géographies et selon tous les calendriers:


Qu’elles ne sont pas seules.
Que nous avons besoin d’elles.
Qu’elles nous manquent.
Que nous ne les oublions pas.
Parce que nous sommes des femmes qui luttent.
Et nous ne nous vendons pas, nous ne nous rendons pas et nous ne cédons pas.
-*-
Et bien c’est notre parole, sœur et compañera.
Nous te demandons que tu prennes beaucoup soin de toi dans ton voyage de retour à ta géographie.
Nous espérons que tu y arrives sans problème.
Nous te rappelons que tu te rappelles ce que fut cette rencontre.

Et que toujours tu te souviennes qu’ici, dans les montagnes du Sud-est mexicain, tu nous as nous, en tant que femmes zapatistes, et que, comme toi, nous sommes des femmes qui luttent.

Alors, au nom des femmes zapatistes de tous les âges, et à ____, heure zapatiste, du 29 décembre 2019, je déclare formellement clôturée cette Seconde Rencontre internationale de femmes qui luttent, ici dans les montagnes du Sud-est mexicain.

Depuis le semencier «Traces des pas de la commandante Ramona», Caracol «Tourbillon de notre parole», montagnes zapatistes en résistance et rébellion.
Commandante Yesica.
Mexique, 29 décembre 2019.

Demostracion de fuerza del EZLN en repudio a los megaproyectos y por la justicia x los desaparecid@s. #SamirVive

mágenes de la movilización zapatista iniciada la madrugada de este 20 de febrero en Defensa del Territorio y la Madre Tierra, por justicia para nuestr@s muert@s, nuestr@s desaparecid@s, nuestr@s pres@s y en contra de los megaproyectos de muerte. “SAMIR SOMOS TODAS Y TODOS

Caracol Jacinto Canek. JBG Flor de nuestra palabra y luz de nuestros pueblos que refleja para todos. Comunidad del CIDECI-Unitierra. Municipio oficial de San Cristóbal de las Casas.
Caracol Resistencia y Rebeldía un Nuevo Horizonte. JBG La luz que resplandece al mundo. Dolores Hidalgo. Tierra recuperada.
Caracol Espiral digno tejiendo los colores de la humanidad en memoria de l@s caídos. JBG Semilla que florece con la conciencia de l@s que luchan por siempre. Tulan Ka’u, tierra recuperada.
Caracol Raíz de las Resistencias y Rebeldías por la humanidad. JBG Corazón de nuestras vidas para el nuevo futuro. Ejido Jolj’a.
Caracol Floreciendo la semilla rebelde. JBG Nuevo amanecer en resistencia y rebeldía por la vida y la humanidad. Poblado Patria Nueva, tierra recuperada.
Caracol Madre de los Caracoles de nuestros sueños. JBG Hacia la Esperanza. La Realidad.
Caracol Torbellino de Nuestras Palabras. JBG Corazón del Arcoiris de la esperanza. Morelia.
Caracol Que habla para todos. JBG Nueva Semilla que va a producir. Roberto Barrios.
Caracol Resistencia Hacia un nuevo amanecer. JBG El camino del Futuro. La Garrucha.
Caracol Resistencia y Rebeldía por la Humanidad. JBG Corazón céntrico de los zapatistas delante del mundo. Oventik.

Caracol Jacinto Canek. JBG Flor de nuestra palabra y luz de nuestros pueblos que refleja para todos. Comunidad del CIDECI-Unitierra. Municipio oficial de San Cristóbal de las Casas.



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#SamirVive... A un año del asesinato de Samir Flores en oposicion a la termoeléctrica de Huexca y gosducto Morelos.

Résultat de recherche d'images pour "samirvive"El asesinato de Samir Flores Soberanes, uno de los opositores principales a la termoeléctrica de Huexca y el gasoducto Morelos, ocurrido el 20 de febrero de 2019, fue un duro golpe para su familia, su comunidad, Amilcingo, y el movimiento opositor al Proyecto Integral Morelos, sin embargo, cómo relata su compañera sentimental, madre de sus tres hijas y su hijo, Liliana Velázquez Fuentes, el movimiento y la radio comunitaria que fundó, continúan y se fortalecen.
 A pesar de ello, de lo conocido que era Samir, la justicia no ha llegado. Un año después, la investigación no arroja resultados. Samir Flores era un hombre con fuertes convicciones a favor de los pueblos, ante las descalificaciones, incluso las del presidente Andrés Manuel López Obrador, se reía: si somos conservadores, decía, nos gusta conserva la tierra.






Sub Galeano EZLN: Sonate pour violon en sol mineur : L’ARGENT.

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Sonate pour violon en sol mineur : L’ARGENT.
« …  la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas ! »
– Charles Baudelaire dans « Le joueur généreux »

                 LE HUITIÈME PASSAGER              
Nulle part et partout. Un train endormi se berce de son propre ronronnement. Il ne vient de nulle part ni ne va nulle part. Ou peu importe. À bord, une population de gris, quasi des morts-vivants, s’est assoupie. Dans le dernier wagon, sept passagers solitaires, aux vies et aux vêtements misérables, s’ennuient et se désespèrent au fond de leurs sièges.



L’un d’eux dit : « Je donnerais tout pour changer ma situation. » La phrase ayant un sens universel, les six autres approuvent en silence. Le grand train cabossé entre alors dans un tunnel, qui tue les gris et agrandit les ombres. La porte s’ouvre et laisse place à un huitième passager, dont l’habit clame « Je ne suis pas d’ici », et qui s’assoit sans dire un mot. Le tunnel rallonge l’obscurité .

Quelque chose comme un coup de tonnerre, une branche sèche brisée sans l’ombre d’une tempête.
Des yeux emplis de flammes apparaissent dans l’obscurité. Le regard embrasé parle : « Je crois qu’il n’est pas nécessaire que je me présente. Chacun d’entre vous m’a invoqué avec ou sans mots, et à votre appel je réponds. Votre âme pour un vœu. Votre prix sera le mien. »

L’un demande la santé, n’être jamais malade. Satan répond : « Accordée », récupère l’âme du bien portant et la met dans son  sac.

Un autre opte pour le savoir, tout connaitre. Le diable chuchote : « Accordé », prend l’âme du savant et la range dans sa sacoche.

Le troisième choisit la beauté, être admiré. Le roi des enfers dit : « Accordée ». Et l’âme du bellâtre trouve sa place dans la besace.


Le quatrième préfère le pouvoir, diriger et être obéi. Lucifer soupire : « Accordé ». Et l’âme du chef s’ajoute aux autres dans sa veste.

Le cinquième de s’avancer : « Les plaisirs », éveiller les passions grâce à la seule volonté. Le démon sourit avec satisfaction : « Accordés ». Et l’âme de l’hédoniste rejoint les autres dans le sombre caban.

Le sixième se lève et choisit la gloire, être reconnu et acclamé de tous. Satan ne fait aucun geste quand il déclare : « Accordée ». Et l’âme de la célébrité s’ajoute aux autres déjà prisonnières.

Le septième chante presque en disant : « L’amour ». Le Malin éclate de rire en épelant : « A-c-c-o-r-d-é ». Et l’âme de l’amant se cale au fond du sac.

L’ange déchu regarde avec impatience le huitième passager qui ne dit rien et griffonne seulement sur un carnet.

Lucifer adoucit sa voix en demandant : « Et quel est ton souhait ? N’importe lequel te sera octroyé en échange seulement de ton âme passagère. »
Le huitième passager se met debout et lâche en un murmure : « Je suis l’Argent, je t’achète les 7 âmes des malheureux qui ont cru en toi, et je t’achète toi pour que tu me serves et m’obéisses. »
Et « le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui trompe toute la terre » (Apocalypse, 12:9), sourit d’un air sournois et menaçant, avant de se mettre lui aussi dans le sac des âmes vendues : « Qu’il en soit ainsi, monsieur Argent. Mais dans ton essence même se trouve ta perte et ta prospérité d’aujourd’hui sera ton malheur demain. »
L’Argent prit le sac et s’extirpa du dernier wagon, et le train du tunnel.
Derrière eux, l’obscurité s’agrandit jusqu’à conquérir le jour…
-*-
LA CRISE ET LES RESPONSABILITÉS.
« Quand il y a une crise, achète à bas prix et attends qu’elle passe pour vendre cher.
S’il n’y a pas de crise, provoque-la avec une guerre. Pour sortir de la crise,
 fais une autre guerre. La guerre, comme ne l’a pas dit Clausewitz, c’est l’autoroute pour entrer et sortir des crises par d’autres moyens, y compris  nucléaires. »
Don Durito de la Lacandona. Scarabée et Docteur en Économie Junglesque.
Si la meilleure des ruses du diable est de persuader qu’il n’existe pas, l’une des fondations du système capitaliste est la conviction que l’argent peut tout. Et l’argent est le maître et seigneur des gouvernements. Dans l’argent se fonde leur projet de passer à la postérité comme de grands transformateurs. Mais…
Bien, j’allais vous expliquer qu’une crise économique mondiale est en train d’arriver, mais, en plus du fait que je n’y connais pas grand-chose en économie politique, il semble que la réalité le fasse pour moi avec de meilleurs arguments et de manière plus pédagogique. Malgré tout, il nous faut prendre en compte qu’il reste pas mal à faire.
Et, il faut aussi signaler que ce qui va arriver n’est pas de la faute de ce gouvernement, ni des précédents. Ce que l’on connait sous le nom de gouvernement mexicain n’a qu’une responsabilité : croire et nous faire croire qu’ils ont un moyen, on ne dit même pas d’arrêter la crise mais pas non plus de l’atténuer.
Les “mauvaises décisions”, qu’un secteur de la droite non-éclairée impute au gouvernement de la 4T [4èmeTransformation] (la chansonnette de l’annulation de l’aéroport de Texcoco en est l’exemple parfait), n’ont rien à voir avec ce qui va arriver. La consigne sous-jacente de ce fragment de la droite réellement existante, qui se sent dépité et trompé, serait : « On serait mieux sans López Obrador », et ça sonne faux, en plus de n’être pas très original.
Quiconque aurait été élu (Meade, Anaya, le Bronco ou Miss Xerox [surnom pour Margarita Zavala, candidate à l’élection présidentielle de 2018]) aurait dû faire face à ce « contexte mondial difficile » (comme le disent les Think Tanks du grand capital) et en serait sorti vaincu, à la recherche de coupables. Et ils auraient tous fait ou seraient en train de faire ce que fait le gouvernement actuel : mentir et maquiller.
Évidemment, je parle d’ici, des peuples originaires et de leur point de vue, bien que je sois sûr que d’autres secteurs pourraient dire s’ils se sont vus bénéficiés, ou non, par la politique économique du suprême, pour ne pas parler de sa politique sociale et de l’échec retentissant du combat contre la délinquance.
Il est nécessaire de comprendre que le mécontentement qui se manifeste dans cette branche de la droite est amplement compensé par le secteur restant (qui est majoritaire). Pour ne pas parler du grand capital, qui est plus qu’enchanté et satisfait par les mesures qui attisent l’explosion et l’escalade de la crise qui vient.
La vérité (et j’imagine que ceci les dérangera plus que si nous disions juste qu’ils sont tous les mêmes mais le bilan jusqu’à présent le suggère), c’est que le résultat aurait été le même si l’un ou l’autre ou une autre avait été élu.e.
Ils auraient commencé à festoyer de la même manière ; ils auraient décrété solennellement le commencement d’un nouveau cycle d’espoir, de travail et de prospérité pour le territoire qui se trouve au sud du Rio Bravo et à l’ouest du Guatemala et du Belize ; ils auraient distribué les mêmes aumônes mais les auraient appelées différemment ; ils seraient revenus sur plus d’une chose promise pendant la campagne ; ils auraient tenu rancœur et jalousie pour responsables des critiques qui leur auraient été adressées ; ils auraient appelé à l’unité et au chauvinisme ; ils se seraient mis à genoux tout pareil devant les plans, les bravades et les insultes du contremaître qui bave dans le Nord turbulent et brutal ; et ils auraient attribué leurs erreurs au “contexte mondial difficile”.
Tous, comme le suprême actuel, baseraient leur politique gouvernementale sur l’argent. Leurs différences tiennent au fait que le suprême pense que le fictif “combat contre la corruption” est plus que suffisant pour s’attribuer les médailles qui reviennent à d’autr.e.s. « Mais la 4T ne vole pas », plaidera-t-on. Mais, même là, pour tous ces adorateurs des nuances, il y a des échelons, comme vous le lirez vous-mêmes plus loin, dans un autre texte… s’il parvient à être publié.
Je vais attirer votre attention sur des faits qui montrent que ces “nuances” ne sont pas possibles, des faits qui demandent une position claire. Je ne vais pas recourir aux réseaux et à leurs “fake news”, ni aux articles d’opinion (les uns étant plus nuls que les autres) sortis dans la presse, ni encore à la presse taxée de “bourge” (j’ai dû éliminer comme source l’hebdomadaire Proceso, dont, d’un rot, le président a effacé toute l’histoire de travail et d’enquête journalistique que peu d’autres médias peuvent revendiquer). Ainsi, je me suis borné aux déclarations et faits rapportés par les pages web gouvernementales (matinales présidentielles et hommages compris), et à ce qui a été rapporté dans la presse qui est “du bon côté”.
Et puis, évidemment, à l’enquête “in situ”, sur le terrain où  nous nous activons : le Chiapas rural. Vous pouvez ne pas faire confiance, et à juste titre, à ce qui se dit de ce côté-ci. Peut-être que tout ça n’est rien d’autre qu’une invention pour saboter le suprême. Allez-y, doutez. Et si vous voulez en avoir le cœur net, vous pouvez faire deux choses : enquêter pour savoir si ce que nous disons est vrai, ou attendre de voir ce qui va se passer. L’inconvénient de la première option, c’est que tout journaliste qui cherchera la véracité et la fausseté de ce qui vous lirez ci-dessous passera dans les rangs des conservateurs (même s’il le fait de manière “nuancée” et sans refléter la réalité brutale de ce qui se passe ici). Quant à la seconde option, il faudra attendre que le temps nous donne raison ou tort ; mais bon, voyez, ici entre nous, la vérité c’est que le “temps”, ceux d’en haut, ils n’en ont pas. En tous cas, sentez-vous libre de vous méfier de la réalité d’ici ; par contre, vous méfier de la réalité de ce que vous vivez et souffrez, cela ne vous paraît-il pas suicidaire ?
Les faits :
  • Le ton festif du suprême lors de ses réunions avec les représentants du pouvoir économique du Mexique et du Monde. Et le ton irrité et intolérant avec lequel il reçoit les réclamations ou doléances des gens du commun, encore plus quand il s’agit de gens de la campagne. D’accord, il faut nuancer…  mais la réalité vient le contredire au quotidien. Dans le cas des maîtres de l’argent, c’est une cour à la limite de l’obscène, et qui ne se traduit même pas par le soutien réel qu’il recherche auprès d’eux. En ce qui concerne les gens du peuple, on comprend que le suprême ne “paye pas pour qu’on lui en colle une”.
  • L’imposition deses goûts et dégoûts propres à un tyran. Voyez, je le comprends, chacun a ses amours et dés-amours, sans aucun doute, mais personne n’a le droit de les imposer aux autres. Et quand le suprême dit qu’un tel et un tel sont des abrutis, et bien ça a un effet sur la population et, comme l’a démontré l’assassinat de Samir Flores, le désir de plaire au suprême mène à des crimes et à des coups tordus. Seuls les tyrans cherchent des copies d’eux-mêmes chez leurs gouvernés, et c’est comme ça que va cette nation.
  • La relation avec les migrants. Regardez,vous pourriez voir ça n’importe où et vous vous diriez « Quelle horreur ! Dans quel pays se passent de telles choses ? », et ça se passe ici même, dans ce pays qui s’appelle “République Mexicaine”. Et ce qui est raconté dans les médias qui sont “du bon côté” ne représente même pas la plus petite fraction du cauchemar qui a été imposé aux migrants d’Amérique centrale à la frontière sud. Oui, et aussi aux Africains, Caribéens, Asiatiques… et aux Mexicains. Dites-moi, comment distingue-t-on une personne chiapanèque d’une guatémaltèque, hondurienne ou salvadorienne ? En ce qu’ils n’ont pas de papiers ?  Eh bien, allez demander, vous, à l’Institut National de Statistique et de Géographie ou à l’Institut national électoral, combien de Mexicains n’ont pas de papiers dans le Sud-Est du Mexique. Qu’ils chantent l’hymne national ? Les agents de migration ne connaissent pas les paroles et le suprême non plus apparemment, c’est pour ça qu’il cire les pompes de  L’autre, celui qui veut faire sa place pour la grande [élection] de 2024, le Marcelo Ebrard, il dit qu’ils ne font qu’appliquer la loi, mais il n’y a pas de loi qui dise que « toutes les personnes de petite taille, de couleur de peau foncée, qui ne parlent pas espagnol ou le parlent avec un accent, seront détenues et devront présenter des documents qui attestent de leur citoyenneté mexicaine ; les détentions pourront être réalisées par des militaires, des policiers (et même des agents de la circulation) ou des douaniers et ne requerront ni traducteurs, ni défenseurs des droits humains, ni aucun obstacle pouvant empêcher le suprême de remplir le quota de détentions conclu avec l’ami Donald Trump ». Bien, ne croyez pas cette mauvaise télévision, vérifiez la presse “acquise à la cause de la 4T”. C’est bon ? D’accord, maintenant essayez de “nuancer” ce cauchemar.
  • Le comportement et le ton servileet lâche employé en réponse au gouvernement nord-américain. On en parlera plus par la suite, mais, pardonnez-moi, je ne me rappelle pas d’un gouvernement fédéral qui se soit comporté, publiquement, avec un tel manque de dignité face à un gouvernement étranger. Le suprême a reçu l’aval d’une consultation à main levée dans un lieu où il a distribué des subventions ? Bon, si c’est votre argument pour “nuancer“, bonne chance.
  • La défaite de la laïcité. Depuis que le méchant Salinas, Carlos Salinas de Gortari, enaccord avec le haut clergé catholique, a ouvert les portes pour que la religion fasse ses premiers pas dans les affaires de l’État en passant par Zedillo qui jouait à l’autruche, Vicente Fox et ses génuflexions, la prude vertu de Felipe Calderón et l’usage médiatique qu’en a fait Peña Nieto, le militantisme religieux du suprême actuel est indéfendable. Et c’est quelque chose que ce qui reste de la Nation va devoir payer très cher… sans la possibilité très pratique de payer en plusieurs fois comme dans les magasins Elektra.
  • Le lancement et l’accélération des mégaprojets et la destruction des territoires des peuples originaires. L’argument selon lequel ces projets sont déjà en cours n’a pas valu dans le cas de Le fait que le suprême pointe du doigt et disqualifie l’opposition à l’usine thermoélectrique dans l’État deMorelos a coûté la vie à notre compagnon Samir Flores Soberanes. Si on utilise les expressions des faits divers ou des polars de la presse, ça s’appelle “mettre une tête à prix”. Peu importe ce qu’ils disent pour se justifier, ils porteront le poids de sa mort. Allez, nuançons : le suprême n’a pas appuyé sur la gâchette. Ok, Trump non plus.
  • L’incitation à l’individualisme et la confrontation avec la communauté. Suivant l’argument du “combat contre la corruption”, on prétend que donner les subventions (de l’argent quoi) directement aux individus est plus efficace. Or, s’il y a de la corruption dans les organisations paysannes, non gouvernementales, etc., ils devraient d’abord signalerqui, pour combien, où. Ne rien dire, c’est être complice (demandez donc à Robles). Si cette administration n’a aucun scrupule à accuser du haut de sa chaire médias et journalistes « parce que je ne suis pas du genre à garder des choses secrètes », comme dirait le président, alors on devrait désigner clairement, par exemple, « la direction de la Centrale indépendante des travailleurs agricoles et des paysans, la CIOAC, – et clarifier laquelle parmi toutes les CIOAC, celle des assassins ou les autres – empoche telle quantité d’argent. Voilà, c’est réglé, qu’ils gardent ce qu’ils ont déjà empoché, on efface tout et on repart à zéro » ; ou « dans la garderie machin chose qui se situe à tel endroit, ils mangent les cornflakes et boivent les Nesquiks qui étaient destinés aux gamins » ; ou « dans la garderie Tartempion, ils reçoivent des petits garçons et des petites filles nés du pêché de la chair et de la luxure, et le Seigneur a dit que personne ne couchera sans avoir au préalable signé un pacte de non-agression et de raisonnable froideur (mariage, je crois qu’ils appellent ça) ».
Maintenant, dans le cas de l’agriculture, le problème n’est pas seulement dû au fait que la livraison des subventions s’individualise. Ok, si les membres du ministère de l’agriculture et les consultants qui les accompagnent n’ont pas d’imagination et peuvent seulement choisir entre faire des échanges avec des organisations gestionnaires ou avec des individus, ça se comprend, ce n’est pas pour rien qu’ils font partie du gouvernement. Mais de là à choisir une banque comme médiateur des bénédictions de la 4T ! Parce que la “manière” qu’ils ont choisie a comme bénéficiaire direct le “coyote” ou  intermédiaire : la banque Azteca du groupe Elektra dans le cas du programme “Sembrando vida” (« En Semant la Vie »).
Selon les déclarations du suprême, les agriculteurs qui rentrent dans ce programme reçoivent 5.000.00 pesos mexicains. Faux. L’agriculteur reçoit au maximum 4500 pesos (et dans certains cas, seulement 4000). La raison, dit-on, pour laquelle on leur donne seulement 4500 pesos est que les 500 pesos restants sont envoyés à un fond d’épargne. Or, la finalité de ces fonds d’épargne est incertaine. Aux bénéficiaires, on dit que c’est “pour les petits vieux”; ou qu’ils serviront ensuite à commercialiser le bois et les fruits. Voyons plutôt : le cèdre et l’acajou mettent environ 30 ans avant d’être commercialisables, il serait rentable alors de les abattre et de les vendre, mais le sexennat se termine dans 5 ans. Si je ne me trompe pas dans mes calculs, on aurait donc besoin de 4 sexennats en plus pour que ce qui sera semé l’année qui vient (pour l’instant ils en sont à l’étape de la pépinière) soit commercialisable. On suppose que durant les 29 ans qui viennent, les bénéficiaires recevront 4500 pesos mensuels. Ainsi, soit il est garanti que le Bolsonaro-Macri-Moreno, qui guette déjà pour prendre la place de l’administration de la tempêtes’engagera à maintenir ce programme ; soit il s’agit ici d’un programme transsexennal qui conditionne la subvention agricole à un parti politique.
Le problème, au sein de cette circulation d’argent, c’est que la banque retient 500 pesos (et dans certains cas, 1000 pesos toujours avec l’argument que le paysan doit économiser) pour chaque “semeur de vie”. La mandatée à cet effet par le suprême parle de 230 000 “bénéficiaires”. La banque en question aurait donc à sa disposition 115 millions de pesos mensuels. Vous pouvez faire appel à votre économiste préféré et lui demander ce que font les banques avec les économies de leurs clients.
Or, il se fait que, dans quelques filiales de cette “désintéressée” et “philanthropique” institution qu’est la banque Azteca, on dit aux agriculteurs qu’on leur donnera seulement 4000 pesos “pour qu’ils apprennent à économiser”. S’il est entendu que tous les bénéficiaires ont l’instinct d’économie (tant apprécié dans la culture de l’argent), alors ça représenterait 230 millions de pesos par mois, sur 12 mois pendant 5 ans à partir d’octobre de cette même année. Mais admettons que non, et que ce sont seulement 115 millions de pesos par mois (1380 millions de pesos par an, 6900 millions de pesos pour ce qu’il reste du sexennat qui n’est pas un sexennat). Et si, à la fin du sexennat et pour les élections présidentielles et législatives de 2024, que dieu nous en garde, le même suprême ou un équivalent du parti officiel ne l’emporte pas, le “bénéficiaire” se convertira en “victime” : il possédera 2 hectares et demi inutiles car il ne recevra plus la paie pour remédier à la perte de ses bêtes (il faut avoir des pâturages), ou de sa milpa (si “à la place” ont été plantés des arbres récents).
De plus, le suprême (avec la bénédiction de ses consultants “nuancés”est en train de réaliser une nouvelle “réforme agraire”, sur le modèle de celle qu’avait initiée le méchant Salinas (Carlos Salinas de Gortari, CSG). La condition, dans une communauté d’ejidos, pour que soient octroyées les aides de “en Semant des soucis ou des galères” est que les “ayants droit” (les membres des ejidos ayant accès aux droits agraires) cèdent aux “demandeurs” deux hectares de leurs biens. Cela veut dire que la “nouvelle” réforme agraire 4T consiste à enlever la terre à ceux qui en ont le moins et à la “répartir”. Bien entendu, en plus de permettre une nouvelle forme de corruption, cela a divisé les communautés affiliées aux partis jusque dans les familles, confrontant les enfants (“demandeurs”) aux parents (“ayants droit”) et déclenchant des disputes qui vont jusqu’à des menaces de mort.
Dans les Altos du Chiapas, où les parcelles ne se mesurent pas en hectares mais en “tâches”, la situation serait comique si elle n’était pas aussi tragique. L’agriculteur, dans cette situation, utilise un même lopin de terre (“tâches”) pour semer d’abord le maïs, puis le haricot, puis les légumes. Ajouté au fait que presque personne ne possède deux hectares complets, si on sème ce que le super plan du suprême prétend, ce petit bout de terre sera incapable de permettre la subsistance pendant 20 à 30 ans. Évidemment, ce qui importe c’est l’argent que reçoit mensuellement cet agriculteur.
Il y a d’autres histoires que vous n’allez sûrement pas croire car vous avez de meilleures informations. Pour l’instant, je vous dirai seulement : l’équation qui détermine que “tant d’argent = tant d’hectares semés” est fausse. Les paysans affiliés aux partis simulent la préparation du terrain, ou “prêtent” des hectares quand arrive le représentant du suprêmeou s’arrangent avec le gérant : « Toi, écris ici que je suis bien en train de faire la pépinière et que j’ai les 2 hectares et moi je te donne une partie des 4500 pesos. »
Et, même ainsi, des centaines de communautés refusent le programme car, dit-on ici mot pour mot, « on ne va pas travailler en tant que journalier du gouvernement. La terre est à nous et non pas au propriétaire devenu gouvernement ». Mais bon, c’est certain que le suprême possède d’autres informations et nous, nous sommes seulement sur une petite partie d’un petit état de la république, alors poursuivons, l’argent :   
Selon la page web du groupe Elektra, chaque magasin possède une filiale de la banque Azteca. C’est à dire que l’agriculteur va à la banque récupérer son aumône qui n’est pas une aumône. Là-bas une personne le reçoit  avec un T-shirt au logo de la banque et du gouvernement de la 4T. Comme prévu, la personne lui recommande l’épargne et les assurances : « On ne sait jamais ce qui peut arriver. Par exemple, qu’on vous vole la moto… Comment ? Vous n’avez pas de moto ? Ne vous en faites pas, vous avez de la chance, j’ai toujours dit que les gens qui ont de la chance ne se rendent pas compte quelquefois de ce qu’ils ont. Regardez, nous avons ici cette puissante machine de 125 centimètres cubes, de marque Italika (filiale du groupe Elektra), que vous pouvez emporter tout de suite. Oui, tout de suite. Et rien que pour vous, je vous fais cadeau du casque. Vous êtes célibataire ? Ah bon ? C’est étrange pour quelqu’un d’aussi séduisant que vous… Bon, regardez, sur cette moto peut très bien monter une autre personne. Vous verrez que toutes les filles vont vouloir que vous les emmeniez faire un tour. Voyez vous-même, c’est mieux d’acheter un pack, vous me comprenez? Ainsi vous vous évitez les allers retours. Alors, je vous recommande tant qu’o  y est d’ouvrir votre compte ici à la banque, de prendre l’assurance qu’on vous propose (elle est obligatoire pour ouvrir un compte), d’acheter la moto à crédit et avec son assurance pendant que vous y êtes, pour si on vous la vole ou si elle tombe en panne. Comme ça vous allez rentrer au village en moto, avec un casque en prime. »
Tout ceci est vrai. Un compa zapatiste qui a accompagné son beau-frère affilié au parti a pu constater tout ce que je relate ici. Bien entendu, les noms n’ont pas été cités pour protéger l’impunité… pardon, la présomption d’innocence du gouvernement suprême. Et la moto ? Bon, ça on ne le sait pas car le compa a dû rentrer en transports publics, son beau-frère a utilisé ce qu’il lui restait du paiement de la moto et des assurances, en canettes de bières. Du coup, il n’y avait plus la place pour deux. C’était soit les canettes de bière soit le compa. Les canettes ont gagné. Le compa zapatiste est revenu bien énervé : « Célibataire tu parles, il est marié, et avec ma petite sœur et même qu’ils attendent leur quatrième marmot, ah mais attendez que ma petite sœur l’apprenne, là oui il en aura besoin de l’assurance, mon beau-frère. »
Les principaux actionnaires du groupe Elektra sont Hugo Salinas Price, Esther Pliego de Salinas et Ricardo B. Salinas Pliego (les deux premiers sont les parents du troisième). Monsieur Hugo Salinas Pliego est un fraudeur des impôts notoire, briseur de grève notoire et sponsor notoire d’initiatives d’extrême droite (comme le MURO, bras paramilitaire d’El Yunque), selon le livre écrit de sa main Mes années à Elektra (Éditions Diana, 2000). On peut y lire : « Tristement, c’est quand les conditions de vie sont meilleures, que le peuple a du temps et des ressources pour penser à participer à des émeutes organisées par des profiteurs. Quand les choses deviennent plus difficiles, le peuple préfère conserver ses acquis qu’il a plutôt que de faire du scandale. »
Ce groupe Elektra est celui qui a été choisi par le suprême pour utiliser les cartes bancaires de la “politique sociale” du gouvernement de la 4T. Pour plus d’informations, il est possible de consulter l’article d’Álvaro Delgado à ce sujet, paru dans la revue Proceso, édition 2208, du 24 février 2019. Oups! J’avais dit que je ne ferais plus référence à cet hebdomadaire hérétique et démoniaque. Ok, mais vous pouvez faire comme moi, procurez-vous le livre, croyez-moi ça donne des frissons dans le dos de le lire. Ou bien discutez avec Álvaro Delgado…mais attention que le suprême n’en sache rien.
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Il se prépare une crise complexe. Ce que dans les bunkers du grand capital on appelle “une tempête parfaite”. Le vaisseau que l’on nomme “planète terre” est pratiquement démantelé et se maintient à flot grâce à ce qui le dévaste. Ce stupide cercle mortel, de détruire pour reconstruire ce qui est détruit, se cache derrière les fausses évidences qui se sont incrustées dans le sens commun. La croyance fondamentale dans le pouvoir individuel, née depuis que l’histoire a réécrit la marche de l’être humain, a construit le mythe de l’individu capable de tout.
Le “mais” qui se cache derrière le mythe de l’individualité est qu’il dispense le système de sa responsabilité mortelle. Des êtres humains, des civilisations, des langues, des cultures, des arts, des sciences périssent digérés dans l’estomac de la machine. Mais la responsabilité systématique se déplace vers l’individu. C’est l’individu ou individu.e qui est la victime et le bourreau. La femme assassinée est la responsable des coups qu’elle reçoit, du viol qu’elle subit, de sa disparition, de sa mort. C’est une criminelle pour avoir été victime d’un crime, et c’est criminel de protester contre ce crime. Idem pour l’enfance, la vieillesse, la différence de genre, de culture, de langue, de couleur, de race.
Mais ne nous écoutez pas, consultez plutôt votre économiste préféré (si celui-ci travaille au gouvernement, assurez-le que tout sera “off the record”) : peut-être qu’il vous dira que l’économie politique est une science, qu’elle répond à des lois, à des causes et effets, qu’elle ne dépend pas de volontarismes, de caprices ou de hurlements depuis la tribune. L’économie politique ne considère pas les enquêtes, ne regarde pas les matinales présidentielles. L’économie politique signale : si on donne telle ou telle condition (causes), alors il va se produire tel phénomène (effet). Après vous être ennuyé avec les chiffres et les formules, demandez-lui : est-ce qu’une crise va arriver ?
Si vous voyez que l’économiste sort un parapluie – alors que vous êtes sous un toit – et s’excuse – l’économiste, bien sûr – avec un « il n’y en avait pas de blindés », alors vous avez plusieurs options : ou vous déclarez solennellement que c’est une fake news, la mafia du pouvoir, les lIluminatis, que l’économiste est un conservateur, etc. ; ou vous lui demandez où il a acheté son parapluie et s’il y en a de couleur lilas (chacun son truc) ; ou vous vous lancez à corps perdu dans la religion la plus proche de vous.
Ou vous lui demandez s’il y a une solution, une issue, un remède. L’économiste répondra avec une montagne de formules et de chiffres. Vous attendrez patiemment qu’il termine et, au lieu de lui dire que vous n’avez rien compris, vous lui demanderez plutôt quelle est la réponse en résumé. L’économiste vous répondra peut-être que « c’est très difficile, il faudrait que… (nouvelle profusion de formules et de chiffres) ». Ou il vous dira peut-être simplement : « Non, pas dans ce système. »
(À suivre… Quoi ?… Déjà fini?… Mais on commençait à peine à s’échauffer comme dirait l’autre… Vraiment plus ? Oh, bon, ben… alors seulement quelques notes du chat-chien et voilà… quoi.)
Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Le SubGAleano filtrant quelques phrases du chat-chien.
Mexique, août 2019.
Du cahier de notes du Chat-Chien :
  • Le problème avec l’argent c’est que…il se termine.
  • Quand le différent rencontre le même différent mais autrement, le différent l’embrasse et fait la fête. Le différent ne cherche pas de miroir, mais quelque chose de plus complexe et de plus humain : le respect.
  • La nature est une paroi élastique qui multiplie la vitesse des pierres qu’on lui lance. La mort ne revient pas à lamême proportion mais renforcée. Il y a une guerre entre le système et la nature. Cette confrontation n’admet pas de nuances ou de lâchetés. Soit on est avec le système soit avec la nature. Soit avec la mort, soit avec la vie.
Miaou-Ouaf.
Le Chat-Chien, en changeant de tactique, montre des yeux langoureux à une lune qui n’en a rien à faire, la saleté.
Videos:
Jed Kurzel - "The Covenant" (Alien Covenant OST)
Battleme - Hey hey, My my (Lyrics)
The Addams Family (1964) S01E01 - Train Crash Sc
Princesa Mononoke-Mononoke Hime (Sub-Es

https://enlacezapatista.ezln.org.mx/2019/08/15/sonata-para-violin-en-sol-menor-dinero




Immagini mobilitazione “Samir Somos Tod@s”.

Immagini della mobilitazione zapatista del 20 febbraio in Difesa del Territorio e della Madre Terra, per la giustizia per le/i nostr@ mort@, nostr@ desaparecid@s, nostr@ prigionier@ e contro i megaprogetti di morte. “SAMIR SOMOS TODAS Y TODOS” Caracol Jacinto Canek. JBG Flor de nuestra palabra y luz de nuestros pueblos que refleja para todos. Comunidad […]