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Esta es la nueva pagina de europa Zapatista : Contiene noticias y artículos publicados en los sitios web y blogs de los diferentes colectivos europeos solidarios con l@s zapatist@s y con los de abajo y a la izquierda. Permitiendo así colectivizar e intercambiar la información desde nuestros rincones.

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Comunicado de la Pirata en relacion a las agrasiones contra lxs compañerxs en resistencia en el estado de Oaxaca

[versione italiana] A todas las organizaciones y asociaciones de abajo A todos los colectivos y grupos informales A los organismos de derechos humanos e internacionales A todos los medios independientes La Plataforma Internacionalista por la Resistencia y la Autogestión Tejiendo Autonomías (PIRATA) – la cual desde hace años construye puentes entre las luchas sociales en ...

Comunicato PIRATA in solidarietà ai compagni del CODEDI

[version español] A tutte le organizzazioni ed associazioni dal basso A tutti i collettivi e gruppi informali Agli organismi di diritto umano ed internazionale A tutti i media liberi La Piattaforma P.I.R.A.T.A. -che da anni crea un ponte solidale fra le lotte sociali europee e messicane attraverso la diffusione di notizie e l’organizzazione dal basso ...

[VIDEO] La Sagra del Peperoncino Ribelle

[DOC] La Sagra del Peperoncino Ribelle

H. Bellinghausen: La strategia del caracol.

La strategia del caracol.  Hermann Bellinghausen.  Quindici anni fa l’Esercito Zapatista di Liberazione Nazionale annunciava la creazione dei caracoles e delle Giunte di Buon Governo (JBG). Oggi, quando il governo entrante enuncia come sua meta il compimento di detti accordi, sarebbe bene che sapesse che si sono già realizzati. Ora serve molto altro, gli Accordi […]

INVITATION À UNE RENCONTRE DE RÉSEAUX DE SOUTIEN AU CIG, AU PARTAGE 2018 : « Pour la vie et la liberté » ; ET AU 15e ANNIVERSAIRE DES CARACOLES ZAPATISTES

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INVITATION À UNE RENCONTRE DE RÉSEAUX DE SOUTIEN AU CIG, AU PARTAGE 2018 : « Pour la vie et la liberté » ; ET AU 15e ANNIVERSAIRE DES CARACOLES ZAPATISTES : « Peins des caracolitos [1] et envoie des doigts d'honneur aux mauvais gouvernements passés, présents et futurs ».

Juillet 2018

Aux individu-e-s, groupes, collectifs et organisations des Réseaux de soutien au CIG,
A la Sexta nationale et internationale,

En premier et en dernier lieu, voici

La grande Finale.

Vous arrivez au grand stade. « Monumental », « colossal », « architecture merveilleuse », « le géant de béton », des qualificatifs de ce genre se répètent dans les voix des locuteurs qui, malgré les différentes réalités qu'ils décrivent, mettent tous en avant la superbe construction.

Pour arriver au grandiose édifice, vous avez dû contourner des décombres, des cadavres, de la saleté. Ceux qui ont le plus d'années derrière eux racontent qu'il n'en a pas toujours été ainsi ; avant, autour du grand siège sportif, s'élevaient des maisons, des quartiers, des commerces, des immeubles, des fleuves et des rivières de gens que l'on esquivait jusqu'à ce qu'on ait le nez quasiment collé au gigantesque portail qui ne s'ouvrait qu'à certains moments et qui disait « Bienvenu au Jeu Suprême ». Oui, « bienvenu », au masculin, comme si ce qui se passait à l'intérieur n'était qu'une affaire d'hommes ; comme auparavant les toilettes, les restaurants, le rayon machines et outils des magasins spécialisés… et, bien sûr, le football.

Mais, à vol d'oiseau, l'image vue pourrait tout autant être l'imitation d'un univers en train de se réduire,en ne laissant dans sa périphérie que mort et destruction. Oui, comme si le grand Stade était le trou noir qui absorbe la vie et ce qu'il y a autour et qui, toujours insatiable, rote et défèque des corps sans vie, du sang, de la merde.

Depuis une certaine distance, on peut apprécier l'édifice dans sa totalité. Bien que maintenant ses dispositions architecturales erronées, ses erreurs structurelles en ciment et en édifications, ses décorations changeantes au goût de l'équipe gagnante du moment apparaissent recouvertes par une machinerie qui abonde en appels à l'unité, à la foi, à l'espérance et, bien sûr, à la charité. Comme pour ratifier la ressemblance entre cultes religieux, politiques et sportifs.

Vous, vous ne savez pas grand-chose sur l'architecture mais cette insistance presque obscène dans une scénographie qui ne coïncide pas avec la réalité vous dérange. Couleurs et sons en train de proclamer la fin d'une ère et le passage au lendemain rêvé, la terre promise, le repos que même la mort ne promet plus (pensez-vous alors que vous faites le compte de vos proches, des personnes disparues, assassinées, « exportées » vers d'autres enfers, et dont les noms se diluent dans des statistiques et des promesses de justice et de vérité).

Comme dans la religion, la politique et les sports, il y a des spécialistes. Et vous, vous ne savez pas grand-chose sur rien. Les encens, les psaumes et les louanges de ce monde vous donnent le tournis. Vous ne vous sentez pas capable de décrire l'édifice, car vous parcourez d'autres mondes, leurs longs et hasardeux chemins filent dans ce qui, depuis les superbes balcons du grand stade, pourrait se nommer « le sous-sol ». Oui, la rue, le métro, le bus, le véhicule par abonnement ou payé sur d'autres abonnements (une dette toujours repoussée et toujours croissante), le chemin en terre, les routes sans indication qui mènent au champ de maïs, à l'école, au marché, aux puces, au boulot, au turbin, au taf.

Vous vous inquiétez, oui, mais l'optimisme de l'intérieur du grand stade est majoritaire, écrasant, a-c-c-a-b-l-a-n-t, et déborde vers l'extérieur.

Comme dans cette chanson dont vous vous souvenez vaguement, le spectacle qui s'est déjà fini, a réuni « le noble et le vilain, le grand homme et l'asticot ». Dans ces moments, l'égalité a été reine et dame, peu importe que le coup de sifflet final ait remis tout le monde à sa place. Il a suffi d'oublier que chacun est chacun, de nouveau, « et avec la gueule de bois sur le dos / le pauvre revient à sa pauvreté, / le riche à sa richesse / et le prêtre à ses messes / le bien et le mal se sont réveillés / la trainée pauvre revient au portail, / la trainée riche revient au rosier, / et l'avare aux devises ».

Car maintenant, des bruits et des images vous l'indiquent, le match est fini. La grande finale tant espérée et crainte a pris fin et l'équipe gagnante reçoit, sans fausse modestie, les clameurs des spectateurs. « Le public respectable », disent les porte-paroles et les chroniqueurs. Oui, c'est en ces termes qu'ils se réfèrent à ceux qui ont participé activement avec des cris, des chants, des hourras, des insultes et des diatribes, depuis les gradins, en tant que spectateurs ; ceux à qui uniquement pour la grande finale on permet de simuler qu'ils sont face au ballon et que leur cri est le coup de pied qui dirige la sphère « au fond des filets ».

Combien de fois avez-vous entendu ça ? Beaucoup. Vaut-il la peine de raconter chacune d'entre elles ? Les défaites réitérées, la promesse que la prochaine fois sera la bonne, l'arbitre, le terrain, le climat, la lumière, l'alignement, la stratégie et la tactique, etc. Au moins l'illusion actuelle soulage cette histoire d'échecs… à laquelle plus tard on ajoutera la désillusion prévue.

En dehors de l'enceinte, une main malicieuse a écrit une phrase sur le superbe mur qui entoure le stade : « IL MANQUE LA RÉALITÉ ». Et, en désaccord avec son hérésie, la main a rajouté aux lettres des traits et des couleurs si variés et créatifs qu'ils semblent être plus que de la peinture. Ce n'est plus un graffiti mais une inscription gravée au burin, tachant le ciment ; une empreinte indélébile dans l'apathique superficie du mur. Et, comble, le dernier trait du « D » final a ouvert une brèche qui s'allonge jusqu'à la base. Sur une affiche, déchirée et décolorée, l'image d'un couple hétérosexuel heureux, deux enfants, garçon et fille, et l'entête de « La Famille heureuse », essayent en vain d'occulter l'entaille qui, peut-être par un effet d'optique, semble déchirer en même temps l'heureuse image de la famille heureuse.

Mais même le bruit intérieur qui fait vibrer les murs du stade ne parvient pas à dissimuler la brèche.

À l'intérieur, bien que le match soit terminé, la foule n'abandonne pas le stade. Bien qu'elle ne tardera pas à être exclue de nouveau dans la vallée des ruines, la multitude éblouie se fait l'écho de ses propres cris et échange des anecdotes : qui a crié le plus fort, qui a fait la meilleure blague (on dit « mème »), qui a raconté le mensonge qui a eu le plus de succès (le nombre de « likes » détermine le degré de vérité), qui savait depuis le début, qui n'a jamais eu de doute. Dans les tribunes, certains, certaines, certain-e-s, échangent des analyses : « T'as vu que les adversaires ont changé de chemise à la mi-temps et que maintenant ceux qui fêtent la victoire sont ceux qui ont commencé la rencontre avec l'uniforme de l'équipe rivale ? » ; que « l'arbitre (l'arbitre toujours « vendu ») a bien fait son travail cette fois-ci car la victoire de l'équipe nettoie et transcende tout. »

Certains, certaines,certain-e-s, plus sceptiques, voient déconcerté-e-s que, parmi ceux qui célèbrent le triomphe, il y a ceux qui ont joué et qui jouent dans des équipes rivales. Ils essayent, mais ils ne comprennent pas. Ou bien, ils comprennent mais ce n'est pas le moment de comprendre, mais de faire la fête. Pour que ce soit bien clair, un écran géant clignote avec un slogan visuel à la mode : « Interdit de penser ».

La nuit a remis à plus tard son arrivée, pensez-vous. Mais vous vous rendez compte que ce sont les projecteurs et les feux d'artifices qui simulent la clarté. Bien sûr, une clarté sélective, car là-bas, dans ce coin, des gradins se sont effondrés et les équipes de secours n'arrivent pas, trop occupées à faire la fête. Les gens ne se demandent pas combien il y a de morts, mais quelle équipe ces morts soutenaient. Plus loin, dans cet autre coin sombre, une femme a été agressée, violée, séquestrée, assassinée, portée disparue. Mais, bon, ce n'est qu'une femme, ou une vieille, ou une jeune ou une petite fille. Les médias, toujours dans l'air du temps qui court, ne demandent pas le nom de la victime, mais quel tee-shirt de quelle équipe elle portait.

Mais ce n'est pas le moment des amertumes, mais de la fête, de l'apéritif, de l-a-f-i-n-d-e-l-‘-h-i-s-t-o-i-r-e mon cher, du début d'un nouveau championnat. Dehors, l'obscurité apparait comme l'apothéose picturale pour la zone dévastée. Oui, pensez-vous, comme une scène de guerre.

Le boucan attire votre attention. Vous essayez de prendre de la distance pour comprendre l'impact de ce grand triomphe de votre équipe préférée… mmh… c'était votre équipe préférée ? Ce n'est plus important, le triomphateur sera l'équipe favorite de la majorité. Et, bien sûr, tous savaient que le triomphe était inévitable et dans les tribunes se succèdent les explications logiques : « Non, un autre résultat n'était pas possible ; le seul valable est celui de la coupe enivrante couronnant les couleurs de l'équipe préférée ».

Vous essayez, sans y parvenir, de vous approprier l'enthousiasme qui inonde les tribunes, les balcons et semble arriver jusqu'au point le plus haut de la construction où ce que l'on devine être une luxueuse chambre reflète sur ses vitres teintées les lumières, les cris et les images.

Vous parcourez les tribunes avec difficulté, les gens remplissent les couloirs et escaliers. Vous cherchez quelque chose ou quelqu'un qui ne vous fasse pas sentir bizarre, vous marchez comme un extraterrestre ou un voyageur du temps qui atterrit dans un calendrier ou une géographie inconnus.

Votre regard se pose sur deux personnes âgées qui regardent avec attention une espèce de tableau. Non, ce ne sont pas des échecs. Alors que vous vous approchez suffisamment, vous voyez qu'il s'agit d'un puzzle avec tout juste quelques pièces mises sans que s'esquisse encore la figure finale.

Une personne dit à une autre : « Bon, non, je n'ai pas l'impression que ça soit une fiction. Après tout, la pensée critique doit partir d'une hypothèse, même si elle semble folle. Mais elle ne doit pas abandonner la rigueur pour qu'on puisse la confronter et vérifier si elle convient. Sinon, il faut chercher un autre point de départ ». La personne prend une des pièces du puzzle, elle la montre et dit : « Par exemple, il est possible, parfois, que le petit aide à comprendre le grand. Comme si dans cette petite partie on pouvait deviner ou pressentir la figure complète ». Vous n'écoutez pas ce qui suit, car les groupes d'à côté crient contre ces deux étranges personnes et les font taire.

Quelqu'un vous a passé un prospectus. « Disparue », peut-on lire, et il y a une image d'une femme dont vous n'arrivez pas à deviner l'âge. Une vieille dame, une femme mûre, une jeune, une petite fille ? Le vent vous arrache le prospectus et dans son envol il se confond avec les serpentins et les confettis qui brouillent la vue.

Et en parlant de petites filles…

Petite, la peau sombre, portant des habits étranges particulièrement colorés et décorés, une fillette regarde le stade, les tribunes, les lumières multicolores, les sourires des vainqueurs et des vaincus ; les premiers, heureux, les seconds malicieux.

La fillette a un doute, on le devine à l'expression de son visage, dans son regard inquiet.

Vous vous sentez généreux ; après tout,vous avez gagné… mmh… vous avez gagné ? Bon, peu importe. Vous vous sentez généreux et, attentionné, vous demandez à la fillette ce qu'elle cherche.

La fillette vous répond : « Le ballon ». Et, sans se retourner, continue à balayer du regard la grande construction.

« Le ballon ? », demandez-vous comme si la question venait d'un autre temps, d'un autre monde.
La fillette soupire et ajoute : « Bon, tout compte fait, c'est peut-être le propriétaire qui l'a ».
« Le propriétaire ? »

« Oui, le propriétaire du ballon, et du stade, et du trophée, et des équipes, et de tout ça », dit la fillette alors qu'avec ses petites mains elle essaye d'englober la réalité contenue dans le grand stade.

Vous essayez de trouver les mots pour dire à la fillette que ces questions sont hors-sujet, ou objet c'est selon, mais vous vous rappelez à ce moment…, ou plutôt vous ne vous rappelez pas avoir vu le ballon. Dans votre esprit, une image floue apparait, au début du match pensez-vous, de la sphère partout marquée du sceau de « nos aimables sponsors ». Mais même lors des buts marqués vous ne la situez pas.

Mais l'écran des scores est là, et l'écran marque la réalité qui est importante : untel a gagné, untel a perdu. Aucun tableau des scores ne montre qui est le propriétaire, ni même du tableau, et encore moins du ballon, des équipes, des tribunes, des « caméras et micros ».

En plus, le tableau n'est pas n'importe quel tableau. C'est le plus moderne qui existe et il coûte une fortune. Il inclut une assistance vidéo à l'arbitrage pour aider ses employés à additionner ou soustraire des points sur l'écran, et à situer les répétitions instantanées ou réitérées des « Ensemble, nous avons fait l'histoire. » [2]. Le tableau ne marque pas les buts, mais les cris. Celui qui gagne est celui qui crie le plus, donc, qui a besoin du ballon ?

À ce moment, vous passez en revue vos souvenirs et remarquez quelque chose d'étrange : quelques minutes avant la fin du match, les chants, le bar, le délire fanatique de l'équipe adverse, tout ça est demeuré silencieux. Et les cris des supporters de l'équipe triomphante n'ont pas eu de rival. Oui, très étrange ce retrait subit. Mais plus étrange encore, le fait que quand l'écran du tableau ne reflétaient pas encore les résultats, même pas les résultats partiels, l'équipe adverse était revenue sur le terrain pour féliciter le vainqueur… qui n'était pas encore vainqueur. Dans les hauts et luxueux balcons du stade avait éclaté le brouhaha et les couleurs des étendards étaient déjà celles de l'équipe victorieuse. À quelle heure avait-on changé de favori ? Qui avait réellement gagné ? Et effectivement, qui était donc le propriétaire du ballon ?

« Et pourquoi veux-tu savoir qui est le propriétaire ? », demandez-vous à la fillette, car il vous semble que malgré vos doutes, c'est l'heure des sifflets et des matraques, et pas des questions têtues.
« Ah, parce que celui-là il ne perd jamais. Peu importe quelle équipe gagne ou perd, le propriétaire gagne toujours. »

Vous êtes mal à l'aise avec les questions que cela pose. Et vous êtes d'autant plus mal à l'aise en voyant ceux auxquels on déclarait que l'équipe à présent triomphante apporterait des malheurs, célébrer un triomphe qui, à peine quelques heures plus tôt, n'était pas le leur. Car on n'a pas l'impression qu'ils ont perdu, ils font plutôt la fête comme si le triomphe était le leur, comme s'ils disaient :« On a gagné une fois de plus. »

Vous êtes sur le point de dire à la fillette qu'elle laisse tomber l'amertume, qu'elle a peut-être ses règles, ou qu'elle déprime, ou qu'elle ne comprend rien, après tout, ce n'est qu'une fillette, mais d'un coup le respectable se met à hurler : l'équipe gagnante retourne sur le terrain pour le remercier de son soutien. Les gens-gens sont toujours dans les tribunes et contemplent, fascinés, les gladiateurs modernes qui ont vaincu les bêtes… Un moment ! Ne sont-ce pas les bêtes qui maintenant embrassent et fêtent et portent sur leurs épaules l'équipe gagnante ?

Vous avez réfléchi à ce qu'a dit la fillette. Et vous vous rappelez à ce moment, inquiet, que l'équipe contraire, connue pour sa rudesse, son habileté et ses coups montés, a abandonné le match juste avant que ne retentisse le coup de sifflet final. Oui, comme si elle craignait que sa propre inertie lui permette de triompher (avec de la triche, bien sûr) et que, pour l'éviter, elle se retirait complètement. Et avec elle ont disparu ses chants, ses supporters et, vous vous en souvenez maintenant, ses quelques porte-drapeaux et étendards.

Le brouhaha continue. Il semble que dans les tribunes, l'absurdité qui parcourt le centre du terrain importe peu ; le podium attend la remise finale des prix.
Vous faites écho à la question de la fillette et, timidement, vous demandez à votre tour :

« Qui est le propriétaire du ballon ? »

Mais le cri massif avale votre question, et personne n'écoute.
La fillette vous prend par la main et vous dit : « Allons-y, on doit sortir ».

« Pourquoi ? », demandez-vous.
Et la fillette, en montrant du doigt la base de la grande structure, vous répond :
« Ça va s'effondrer ».
Mais personne ne semble s'en rendre compte… Un moment, personne ?
(À suivre ?)

-*-

Sur la base de ce qui vient d'être exposé, la Commission Sexta de l'EZLN invite les individu-e-s, groupes, collectifs et organisations qui ont soutenu et soutiennent le CIG et, bien sûr, qui pensent encore que les changements importants ne viennent jamais du haut, mais du bas (en plus de n'avoir pas envoyé de lettre pour exprimer leur adhésion et leurs demandes au futur chef) à une :

Rencontre des réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement.

Avec comme programme la proposition suivante :

- Évaluations du processus de soutien au CIG et à sa porte-parole Marichuy et de la situation selon la perspective de chaque groupe, collectif et organisation ;

- Propositions des pas à suivre ;

- Propositions pour consulter de nouveau ses groupes, collectifs, organisations.

Arrivée et inscriptions : jeudi 2 août 2018.

Inscriptions et activités : vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 août.

Pour s'inscrire en tant que participant à la rencontre de réseaux, l'adresse est :

encuentroredes@enlacezapatista.org.mx

-*-

De la même manière, les communautés indigènes zapatistes, invitent ce-lles-ux qui ont l'art comme vocation et comme ambition au

pARTage POUR LA VIE ET LA LIBERTÉ

« Peins des caracolitos et envoie des doigts d'honneur aux mauvais gouvernements passés, présents et futurs » du 6 au 9 août 2018

Arrivée et inscriptions : quand ce sera possible pour vous du 6 au 9 août.
Clôture le 9, 15eanniversaire de la naissance des caracoles zapatistes.

Le programme sera constitué suivant ceux qui s'inscrivent mais assurément des musicien-n-e-s, des théâtreux-ses, despeintres, des sculpteurs-trices, des crieur-ses des communautés zapatistes en résistance et en rébellion.
Pour s'inscrire comme participant et/ou assistant, l'adresse est :

asistecomparte2018@enlacezapatista.org.mx

participacomparte2018@enlacezapatista.org.mx

Tout aura lieu au caracol de Morelia (où a eu lieu la rencontre des femmes qui luttent), dans la zone Tzotj Choj, terre zapatiste en résistance et enrébellion.

Attention : amenez vos verre, assiette et cuillère, car les femmes qui luttent ont conseillé de ne pas utiliser de la vaisselle jetable qui pollue en plus de laisser tout en désordre. Ce ne sera pas de trop si vous amenez aussi votre lampe de poche, votre quoiquecesoit pour mettre entre le digne sol et votre très digne corps, ou une tente. Votre imperméable ou plastique ou équivalent pour s'il pleut. Vos médicaments et nourriture spéciale si vous en avez besoin. Et n'importe quoi d'autre qui pourrait vous manquer pour que quand vous nous critiquerez, nous puissions répondre : « On vous avait prévenus ». Pour les personnes en âge « de jugement » comme on dit ici, nous ferons en sorte dans la mesure du possible de leur donner un coin où dormir dans une zone spéciale.

Remarque : Oui, l'accès sera autorisé aux hommes et autres minorités.

Pour la Commission Sexta de l'EZLN.

Sous-commandant insurgé Moisés.
Sous-commandan tinsurgé Galeano.

Mexique, 4 juillet 2018.

PS : Non, nous, femmes, hommes, zapatistes, nous ne nous mêlons PAS à la campagne « Pour le bien de tous, d'abord les os » [3]. Vous pouvez changer de chef, de valets et de caporaux, mais le propriétaire reste le même. Ergo…

Traduction collective

Source originale : Enlace zapatista


[1] “Píntale caracolitos” signifie littéralement “Peins de petits escargots” mais l'expression a un double sens en espagnol du Mexique. Les caracolitosou petits escargots se réfèrent à la symbologie des zapatistes et ce sont les noms donnés à leurs centres d'auto-gouvernement. Mais l'expression « píntale caracolitos » se réfère aussi à un geste obscène adressé ici directement « aux mauvais gouvernements ». L'effet est en quelque sorte équivalent à « Envoie-les se faire foutre »

[2] 2 “Juntos haremos historia”, “Ensemble nous ferons l'histoire” est le slogan de MORENA, le parti de Lopéz Obrador, candidat donné pour vainqueur aux dernières élections à la présidence de la république

[3] L'expression se réfère à un des slogans de la campagne de Lopez Obrador, “Por el bien de todos, primero los pobres”, “Pour le bien de tous, d'abord les pauvres.”

L'Armée zapatiste de libération nationale dément tout contact avec AMLO

tags : pl-fr, zapatiste,

L'Armée zapatiste de libération nationale dément tout contact avec AMLO

Communiqué du CCRI-CG de l'EZLN

Armée zapatiste de libération nationale
Mexique

Au peuple du Mexique,

Aux peuples et gouvernements du monde,

Aux médias libres, alternatifs, autonomes ou du nom qu'ils se donnent,

À la Sexta nationale et internationale,

Au Congrès national indigène et au Conseil indigène de gouvernement,

À la presse nationale et internationale,

17 juillet 2018.

Depuis hier et aujourd'hui au cours de la journée, les médias diffusent la version, soutenue par des déclarations du père Alejandro Solalinde [1] (qui se présente comme membre du clergé, prêtre, curé ou ce genre de choses, chrétien, catholique, apostolique et romain), d'un prétendu rapprochement entre l'EZLN et Monsieur Andrés Manuel López Obrador. Ils insinuent que « l'EZLN a accepté d'avoir le premier dialogue » (mots exacts de Monsieur Solalinde).

À propos de ce mensonge, l'EZLN déclare :

Premièrement, le CCRI-CG de l'EZLN, direction politique, organisationnelle et militaire de l'EZLN, n'a accepté aucun premier dialogue avec personne. Comme le savent bien ceux qui connaissent un minimum l'EZLN et ses manières de fonctionner, un sujet tel que celui-ci aurait été communiqué de manière publique à l'avance.

Deuxièmement, l'EZLN n'a reçu rien que des mensonges, des insultes, des calomnies et des commentaires racistes et machistes, de la part du père Solalinde qui sous-entend, comme cela se disait à l'époque du salinisme et du zedillisme, que nous sommes de pauvres indigènes ignorants manipulés, pour utiliser ses propres mots, par « des blancs qui administrent le zapatisme », et cela nous permettrait de ne pas baisser les yeux ni de nous agenouiller face à celui que le père Solalinde considère comme le nouveau sauveur.

Troisièmement, nous comprenons que Monsieur Solalinde ait besoin de se donner un rôle important et qu'il adopte une attitude consistant à exiger une soumission, mais il se trompe avec le zapatisme de l'EZLN. Il ne se trompe pas que sur ça. Nous n'en savons pas beaucoup à ce propos, mais il semble qu'un des commandements de l'Église que prétend servir Monsieur Solalinde, ordonne : « Tu ne feras pas de faux témoignages contre ton prochain et tu ne mentiras point. »

Quatrièmement : comme chaque personne connaissant les lois mexicaines devrait le savoir, monsieur Andrés Manuel Lopez Obrador n'est pas le président du Mexique, il n'est même pas le président élu. Pour être un « président élu », il faut compter sur la déclaration du tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la fédération ; ensuite vient la chambre des députés qui doit émettre un décret dans le journal officiel de la fédération où l'on communique à la population qu'il y a bien un président élu. Et, selon les mêmes lois, le président n'entrera en fonction qu'après avoir prêté serment le 1erdécembre 2018. D'ailleurs, en accord avec la dernière réforme électorale, il ne gouvernera pas six ans mais deux mois de moins. À moins, bien sûr, que l'on ne réforme la constitution et que l'on permette la réélection.

Cinquièmement : si ceux qui font partie de l'équipe de Monsieur Lopez Obrador se comportent comme s'ils formaient déjà un gouvernement, car c'est ce que leur ont fait croire les hommes d'affaires (via Youtube, ce qui est une garantie de sérieux), l'administration de Monsieur Trump (via sa visite fanfaronne) et les grands médias, ça se comprend ; mais peut-être qu'il convient de ne pas trop s'avancer dans sa disposition à violer les lois sous la protection d'une supposée « voiture tout équipée » (comme l'a fait le PRI au cours de son long règne).

Sixièmement, l'EZLN a déjà fait l'amère expérience du contact avec un Monsieur qui ensuite allait être déclaré président élu. Nous faisons référence à Monsieur Ernesto Zedillo Ponce de León, qui a profité de ces contacts initiaux pour planifier l'anéantissement de la direction zapatiste d'alors. Celui qui a élaboré cette trahison, Monsieur Esteban Moctezuma Barragán, est maintenant une des personnes proposées pour faire partie du gouvernement qui exercera supposément à partir du le 1er décembre 2018, mais pas avant. Nous ignorons si, à présent, Monsieur Solalinde prétend prendre le relais de Monsieur Moctezuma Barragán dans les fonctions qu'il a eues avec Zedillo.

Septièmement, cela n'est pas de notre ressort, mais ils agissent mal ceux qui s'auto-dénomment le « réel changement », en démarrant avec des mensonges, des calomnies et des menaces, ils se trompent. Ils l'ont déjà fait avec l'histoire du pape [2], maintenant ils le font avec l'EZLN. Ils singent les « us et coutumes » de ceux qu'ils prétendent avoir enlevés du gouvernement.

Huitièmement, comme cela a été rendu public, depuis il y a au moins 16 ans, après la contre-réforme indigène, l'EZLN n'a pas dialogué avec les gouvernements fédéraux. Ni avec Fox après 2001, ni avec Calderón, ni avec Peña Nieto. On a toujours répondu à notre disposition au dialogue par des mensonges, par des calomnies et par la trahison. Vous seriez bien aimables de prêter à Monsieur Solalinde des coupures de presses et des livres qui expliquent cela en détail, car il refait la même chose.

Neuvièmement et en dernier lieu, si nous sommes « sectaires », « marginaux » et « radicaux » ; si nous sommes « isolés » et « seuls » ; si nous ne sommes pas « à la mode » ; si nous ne représentons rien ni personne ; alors, pourquoi ne nous laissez-vous pas tranquilles et ne continuez-vous pas à célébrer votre « triomphe » ? Pourquoi plutôt ne vous préparez-vous pas bien, et sans mensonges, pour les 5 ans et dix mois où vous serez au gouvernement fédéral ? Et pourquoi ne vous organisez-vous pas, car même pour se battre pour un os et recevoir les félicitations de l'argent, c'est mieux d'être organisé.e.s.

Nous, zapatistes ? Eh bien, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis maintenant presque 25 ans :

RÉSISTANCE ET RÉBELLION !

Car la liberté ne se reçoit ni comme une aumône, ni comme une faveur humaine ou divine ; elle se conquiert en luttant.

C'EST TOUT.

Depuis les montagnes du Sud-est Mexicain.

De la part du Comité clandestin indigène-Commandement général de l'Armée zapatiste de libération nationale.

Sous-commandant insurgé Moisés.

(100% mexicain, 100% originaire de langue tzeltal – ou « indigène tzeltal » pour Monsieur Solalinde – et 100% zapatiste).

Mexique, juillet 2018.


[1] Le Père Solalinde est une figure importante de l'Église mexicaine, connu pour son soutien aux migrants

[2] Allusion à l'invitation au pape annoncée par AMLO « pour chercher des solutions afin de pacifier le pays » alors que deux ans plus tôt il affirmait que le changement nécessaire et l'oppression au Mexique était une affaire des Mexicains et non du pape.

Répression contre CODEDI - Déclaration de Nodo Solidale

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Assassinat du compañero Abraham Hernández Gonzales, membre du Comité pour la défense des droits indigènes

Déclaration de Nodo Solidale

jeudi 26 juillet 2018, par Nodo Solidale

Abraham Hernández Gonzales était un homme de quarante-deux ans qui vivait en travaillant dans un petit hôtel sur la côte Pacifique, à Salchi, près de San Pedro Pochutla, Oaxaca. Là vivent aussi sa femme et ses deux enfants. Sa famille, comme des centaines d'autres dans la région, fait partie du Comité pour la défense des droits indigènes (Codedi), une organisation qui cherche à construire l'autonomie des peuples, défendre le territoire des projets extractivistes capitalistes et résister aux politiques gouvernementales d'appauvrissement et d'anéantissement. Plus précisément, Abraham jouait dans l'organisation le rôle de coordinateur régional à Los Ciruelos.

Le mardi 17 juillet, sa vie a sombré dans la fosse noire et infinie de la guerre au Mexique. Une camionnette et une moto sont arrivées chez lui, des hommes armés, cagoulés et déguisés en soldats l'ont arraché de sa maison et l'ont emmené avec un luxe de violence. Sa fille était présente et a déclenché l'alarme. Un de plus a disparu, dans un pays qui compte déjà plus de 37 000 personnes « avalées dans le néant ». L'organisation a informé le bureau du procureur et les autorités, mais les efforts de recherche des institutions ont été nuls et non avenus. Cinq heures plus tard, le corps d'Abraham a été retrouvé et reconnu par sa propre fille, dans la montagne, près de sa communauté. Ils l'ont exécuté d'un coup de grâce.

C'est le quatrième compañero du Codedi qui tombe sous les balles meurtrières du pouvoir en cinq mois. Le 12 février 2018, deux jeunes et un homme ont été tués dans une embuscade, tous les trois membres de l'organisation revenaient d'une réunion avec des représentants de l'État quand ils ont été abattus. Une fois de plus, nos cœurs éprouvent de la douleur pour une nouvelle blessure qui ne sera jamais guérie devant l'impunité avec laquelle les meurtriers agissent et l'abri qu'ils trouvent grâce aux différents niveaux de gouvernement.

Ça nous fait mal parce que le Codedi est une organisation sœur mais ça fait mal à tout ce pays qui n'arrête pas de saigner. L'enlèvement et l'assassinat d'Abraham doivent être situés dans la vague de violence qui submerge l'État d'Oaxaca, avec 756 assassinats depuis le début 2018 (et 198 féminicides en vingt mois), miroir d'une violence criminelle débridée par le gouvernement fédéral même dans tout le Mexique : en douze ans plus de 220 000 personnes ont été assassinées. L'impunité des gangs criminels est garantie par les mêmes groupes de pouvoir (hommes d'affaires, politiciens et militaires) afin de désintégrer le peuple, ravager les territoires et saisir leurs ressources. Entre les narcotrafiquants, les kidnappeurs, les forces paramilitaires, la police et les forces armées, il existe une alliance pour promouvoir la violence que nécessitent les mégaprojets capitalistes dans la région : dans la zone d'influence du Codedi il y a au moins neuf concessions minières, cinq projets hydroélectriques, tandis que 7,8 % du territoire de l'État est concédé à de grandes entreprises pour l'exploration et l'exploitation des sols et des sous-sols.

Pour autant nous demandons quelle est la relation de ces groupes armés et mafieux locaux avec le gouvernement de Murat sur l'État d'Oaxaca ? Pourquoi la presse profite-t-elle de ces événements pour semer la confusion au détriment d'Abraham Ramírez Vázquez, leader du Codedi menacé de toute part ? Ce n'est pas le fait du hasard : nous accusons le gouvernement d'Alejandro Murat de complicité ou d'omertà.

En mars 2018, une brigade de solidarité internationale, dont nous faisions partie, a signalé plusieurs menaces que subissaient le Codedi et ses membres. Le rapport (en espagnol) de la Brigade internationale de solidarité avec le Codedi est dramatiquement actuel.

Avec la même colère, avec la même détermination, avec les larmes aux yeux et la machette à la main, nous continuerons à semer un meilleur avenir pour nos enfants dans l'organisation des peuples, pas à pas avec le Codedi et avec les organisations sœurs de l'Alliance magoniste zapatiste (AMZ).

Ignacio vit ! Luis Angel vit ! Alejandro vit ! Abraham vit !

19 juillet 2018. Nodo Solidale
Source (espagnol) :
La Pirata

publié par la voie du jaguar

Las cooperativas son el pilar económico del zapatismo

“Se ha registrado un crecimiento de la economía solidaria”. Sergio Rodríguez

Sergio, ¿cómo inicia la construcción de la autonomía zapatista?
El origen es el 14 de diciembre de 1994, cuando los zapatistas rompen el cerco militar impuesto por el ejército federal y constituyen los 32 municipios autónomos rebeldes, los Mares, ahí empieza el proceso de construcción de autonomía. Once meses después de la insurrección.
Hasta llegar al punto, efectivamente del año 2003, en que es rechazada la Ley de la Comisión para la Concordia y Pacificación (Cocopa), y los zapatistas deciden consolidar su propia autonomía.      Imagen relacionada
La forma en que ellos lo hicieron es la conformación de cinco, que llaman ellos caracoles, que están a su vez compuestos por varios municipios, hasta sumar como 28. Estamos hablando de decenas de miles de personas, quizá más de un centenar de miles de personas.
¿Y cuáles son los pilares de la autonomía? 
Obviamente no puede haber autonomía, yo creo, si no hay territorio. El primer pilar es tener un territorio propio. Es muy difícil construir un proceso autonómico, si no tienes un territorio que controles; donde tú decidas.
El segundo es contar con un proyecto económico propio, que está basado en pequeña propiedad o propiedad individual, que sirve para la manutención de la familia, lo hacen con pequeñas huertas agroecológicas.
Luego las grandes extensiones de tierra donde es producción colectiva: ganado, maíz, café, miel, que funcionan de manera de cooperativa.
Hay también los bienes de consumo inmediato como pan, abono, fertilizantes que también funcionan con base en cooperativa. A excepción de lo que es comida diaria, todo lo demás es cooperativo.
Hay producción de café en los cinco caracoles y es muy bueno. Hay una parte del café que es de exportación, que es el otro criterio económico.
Exportan café y miel. Todo lo que se obtiene vía cooperativas sirve para construcción de escuelas, de clínicas, de canchas de básquet. Todo lo que sale de la cuestión colectiva se aplica para la comunidad.
El tercer pilar es el político; el mandar obedeciendo. La conformación de gobiernos que están organizados a partir de asambleas en cada municipio y cada asamblea municipal está conformada por asamblea de cada una de las comunidades. Al final más o menos llegan a la Junta de Buen Gobierno unos 21 compañeros y compañeras, y se rotan cada semana y se regresan a su comunidad.
Ellos dejan sus tierras y la comunidad trabaja sus tierras para que su familia tenga que comer. Y ellos reciben el pago de su transporte y es todo lo que reciben. La Junta también tiene su huerto y entonces allí hacen su producción para su comida diaria. Es un gobierno extremadamente barato.
El cuarto pilar es la educación, hay todo un proceso de formación de la gente con base en la idea de la economía solidaria, de la propiedad colectiva, del mandar obedeciendo. Hay un grupo muy numeroso de compañeros que han sido formados como promotores de educación.
El quinto es que mucha gente se involucre en los procesos de conformación de la vida de la comunidad.
En el caso de las mujeres, al año tienen aproximadamente seis cursos de parteras, seis de hueseras y seis de hierberas. Yo estuve presente en un taller de 800 mujeres que estaban aprendiendo el uso de las hierbas. Y eso se refleja en las clínicas grandes que tiene cada uno de los 5 caracoles.
También tienen un par de Bancos Autónomos
Hay tres Bancos que funcionan: uno en Morelia, otro en La Garrucha y uno más en La Realidad y la idea es que va a ver cinco. Y es para apoyar emergencias de la gente por casos de enfermedades o cuando hay muertos, o cosas así.
Trabajan con tasas de interés bajísimas y además con gran flexibilidad porque te dan un tiempo de pago de tres meses. Y en casos de que no lo puedas pagar se hace un estudio comunitario y puede asumir la deuda la comunidad.
Tú pides individualmente pero quién te respalda es la comunidad.
¿Qué alcances y qué limitaciones le ves al proceso de autonomía zapatista?
Si tú hablaras con un economista marxista tradicional te diría: esto no va a funcionar porque inevitablemente se va a contaminar con la mercancía capitalista y con el ingreso de capitales. Bueno el caso es que ya lleva 11 años (desde la creación de los caracoles) de que está funcionando y no ha pasado eso. Al revés, lo que ha pasado es un crecimiento de la economía solidaria.
¿Cuáles son las limitaciones? (Desde mi punto de vista, porque ellos saben qué hacer no) que todavía no logran un proyecto económico intra caracol, apenas están empezando. Y donde el criterio de intercambio deberá ser el tiempo de trabajo y no el precio del mercado. Pero bueno ellos sabrán si lo hacen o no lo hacen.
También hay otro aspecto hay caracoles que tienen cuatro idiomas juntos, entonces todo eso es muy complicado para elaborarlo y ejecutarlo. Pero los avances que han tenido son muchos.
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EZLN smentisce contatti cn AMLO.

L’Esercito Zapatista di Liberazione Nazionale smentisce ogni contatto con AMLO. Comunicato del CCRI-CG dell’EZLN.  SE SIAMO “SETTARI”, “MARGINALI” E “RADICALI”; SE SIAMO “ISOLATI” E “SOLI”; SE NON SIAMO “ALLA MODA”; SE NON RAPPRESENTIAMO NULLA E NESSUNO; ALLORA PERCHÉ NON CI LASCIATE IN PACE E ANDATE AVANTI A CELEBRARE IL VOSTRO “TRIONFO”? PERCHÉ INVECE NON VI […]

Celebramos la libertad del compañero Esteban Méndez López

El lunes 16 de Abril, alrededor de las 16:00 pm, el compañero de lucha Esteban Méndez López, integrante de La Voz Verdadera del Amate, obtuvo su libertad tras 8 años de encarcelamiento injustificado.

El compañero Esteban creció en la comunidad tzotzil de Buena Vista, en el municipio de Oxchuc, Chiapas. Cuando se casó se trasladó con su familia a la cabecera municipal, en donde participó activamente en la coordinación y organización de su barrio según los Usos y Costumbres del municipio. Como autoridad de su colonia en 2005 fungió como testigo en la cesión de unas tierras; hecho que años después le costaría su libertad, debido al descontento de una de las partes implicadas.

“Yo como ser testigo de la legalización me fabricaron un delito falso como plagio y secuestro. Pensé que hay que apoyar a las personas que están corriendo de su tierra y mira hasta donde estoy por defender a un grupos de familias que sufren y de ningún pedazo de tierra a donde vivir con sus hijos”

El compañero Esteban fue detenido sobre las 6 am el 4 de Noviembre de 2010 por un grupo de unos 15 policías estatales y federales que lo amenazaron con armas de alto calibre. Tras su detención fue encapuchado, trasladado a una casa abandonada para ser torturado y obligado a declararse culpable de los delitos de plagio y secuestro bajo amenazas; cosa que desmintió ante el propio Ministerio Público. Su palabra fue ignorada tanto por el licenciado que le tomó declaración, como por el médico que hizo caso omiso a las explícitas evidencias de tortura. Su sentencia ascendió a 20 años de prisión.

Ingresó en el CERSS N.º 14 el Amate, en donde en 2015 decidió organizarse con otros presos para luchar por sus libertades y denunciar los abusos perpetrados dentro del penal, tanto por parte de las autoridades penitenciarias como por parte de la propia población carcelaria. De esta forma es que 6 compañeros decidieron constituirse como La Voz Verdadera del Amate, Adherentes a la Sexta Declaración del EZLN. A través de diversas acciones de denuncia a las que se sumaron otros presos consiguieron visibilizar sus casos y alzar la voz lo suficiente para conseguir echar a algunos abogados corruptos y ser trasladados a los penales en donde tienen sus expedientes, lugares más cercanos a sus familias.

De esta forma fue que en Enero de 2017 llegó al penal de Ocosingo, junto a Pascual Gómez Jiménez. Desde allí continuaron denunciando las injusticias del sistema de justicia mexicano y pronto asumieron cargos y responsabilidades dentro de la propia estructura social carcelaria.

Hemos de agradecer y reconocer enérgicamente la lucha que la compañera Rosalinda, la pareja sentimental de Esteban, ha llevado a cabo junto a toda su familia en el tortuoso camino recorrido hasta lograr su libertad, aunque discrepamos en determinadas formas. Esta victoria es en gran parte gracias a ella y su incansable y persistente búsqueda de justicia en un mundo racista que sistemáticamente ignora y niega los derechos de las mujeres indígenas y pobres.

Celebramos la libertad del compañero Esteban Méndez López y nos alegramos por su vuelta a casa junto a toda su familia, pero no dejamos de señalar que el estado y sus 3 niveles de mal gobierno han privado arbitrariamente de la libertad a una persona por más de 8 años. 8 años de desgate físico, psicológico y económico tanto para el compañero preso como para su familia. 8 años de negación sistemática del acceso a la “justicia”. 8 años que le privaron de ver crecer a sus hijxs. Para que finalmente se le conceda por orden judicial la LIBERTAD ABSOLUTORIA, demostrándose la injusticia de su encarcelamiento ¿Quien le devuelve al compa estos 8 años de vida? ¿Quien reparará este daño cometido por la corrupción gubernamental contra una familia de indígenas pobres? ¿A quién le importa…?

No esperamos nada del estado opresor, solo que nos deje tranquilos porque todo lo que deriva de él está podrido. Le recordamos sin embargo, que de los 6 integrantes de La Voz Verdadera del Amate, todavía están presos injustamente 5 compañeros (Pascual Gómez Jimenez, Abraham López Montejo, Germán López Montejo, Adrián Gómez Jiménez, Diego Mendez López) que siguen en la lucha desde dentro de la bestia carcelaria. Por ello, exigimos su libertad inmediata, así como la de todxs los compañerxs presxs secuestrados por el Estado.

Hasta que todxs seamos libres!
Abajo los muros de las prisiones!

Fuente : Grupo de Trabajo” No Estamos Todxs”