l@s zapatistas no están sol@s.

Infos

Esta es la nueva pagina de europa Zapatista : Contiene noticias y artículos publicados en los sitios web y blogs de los diferentes colectivos europeos solidarios con l@s zapatist@s y con los de abajo y a la izquierda. Permitiendo así colectivizar e intercambiar la información desde nuestros rincones.

Estado de la pagina

Número de artículos:
10  15  20 

 

"la rotation des charges... c’est fondamental, c’est à dire que personne n’est indispensable, mais que tout le monde a son importance. "

tags : pl-fr,
=> Article de lundi.am
Article original ici


A OAXACA IL N’Y A PAS DE DÉFAITE ! »

Deuxième partie de l’entretien réalisé fin décembre 2014 à Oaxaca avec David « El Alebrije », jeune communard des quartiers populaires de Oaxaca.

En juin 2006, le gouverneur de l’Etat de Oaxaca, Ulises Ruiz, membre du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel, parti unique de fait pendant très longtemps) ordonne l’évacuation de la place centrale de la ville, occupée, comme chaque année, par 

le syndicat enseignant « Section 22 » pour faire valoir ses revendications. Un grand nombre d’habitants de la ville se solidarise avec les enseignants et une rare convergence de mouvements constitue ce que l’Histoire retiendra comme la « Commune de Oaxaca ». Pendant six mois, les habitants insurgés de la ville et de nombreuses autres villes et villages de l’Etat se sont réunis en assemblées (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca), ont planifié des actions, organisé la vie collective, défendu leur territoire contre la police locale puis contre la Police Fédérale qui ne parviendra que le 29 novembre à rétablir son contrôle sur la ville. David explique ici comment les pratiques amérindiennes d’autonomie matérielle, spirituelle et politique ont influé durablement sur le cours des luttes sociales dans l’Etat de Oaxaca -notamment depuis le soulèvement de la ville- et plus largement sur les luttes au Mexique.

Il nous livre aussi ici sa perception de la situation inédite qui se fait jour à l’échelle du pays depuis la disparition, le 26 septembre dernier, de 43 étudiants de l’école normale rurale d’Ayotzinapa.

undiMatin : Pendant le soulèvement de la ville en 2006, n’y-a-t-il pas eu un choc culturel entre les pratiques des communautés indigènes et celles, plus classiques des organisations politiques et militantes ?

David : Mais bien sûr évidemment, c’est pour cela que je dis qu’il ne suffit pas de se réunir en assemblée mais bien de parvenir à être « assembléaire ». Les organisations sociales, militantes, amènent toujours tout leur bagage de gandaya comme on dit ici (« truanderie »), leurs techniques d’imposition, leur idéologie... l’utilisation des rumeurs aussi...

Mais dans le cas de l’Oaxaca ( je ne parle pas des organisations ou des syndicats dans les autres États du Mexique) ces mêmes organisations sont très influencées par les institutions des peuples indigènes et je pense qu’au final ça a plus de poids. C’est aussi que les communautés ont plus de représentativité et inspirent du respect. Dans les débats de 2006, les assemblées étaient souvent à deux doigts d’exploser pour des broutilles, ou pour les intérêts de tel ou tel groupe et ceux qui sauvaient chaque fois la situation c’était une ou l’autre autorité d’une communauté indigène qui disait : « compagnons, que se passe t-il ? dans les communautés ça ne se passe pas comme ça, ce n’est pas bien, des gens qui parlent dans tous les coins, qu’est ce que c’est que ça, on est tous ensemble ou 
non ? ».

Un autre aspect important des communautés en "us et coutumes" c’est la rotation des charges... c’est fondamental, c’est à dire que personne n’est indispensable, mais que tout le monde a son importance. Les personnes, même quand elles ont bien accompli leur charge, ne peuvent pas rempiler. S’il s’agit d’une personne qui a respecté la communauté, qui a démontré ses qualités, il ou elle peut rejoindre le conseil des anciens, qui est une institution morale mais forte et qui peut influer sur bien des choses. Dans le cas de problèmes très importants ou de conflits à trancher, ils peuvent être amenés à prendre la décision mais ils ne gouvernent pas. Le conseil des anciens sert avant tout à conseiller le président et le "cabildo" (le conseil du municipio). Et si, à un moment donné, il y a un problème trop important, y compris qui concerne directement l’autorité, alors c’est eux qui interviennent. Quand des personnes ont bien servi, ont bien accompli leur missions, qu’ils ont eu le pouvoir en main et que ça ne les a pas corrompu, alors les gens disent « bon eux, qu’ils passent au conseil des anciens ». Et ça dans les organisations militantes ça n’existe pas. Les « camarades », plus ils avancent, plus ils développent de « manies » politiques, mais ça, en 2006, c’était vite reconnu, identifié comme tel...et ça grâce à la présence des communautés dans les assemblées. Je me rappelle de beaucoup d’épisodes comme ça dans les assemblées de 2006.

LundiMatin : As-tu l’impression que depuis 2006 les cultures politiques dans la ville ont changé ? Cet effet des pratiques indigènes a t-il eu des prolongations dans comment ça se passe aujourd’hui. Y a-t-il eu un avant et un après ?

David : Ce n’est pas toujours très visible car dans la ville les institutions qui gouvernent sont les mêmes qui gouvernaient avant 2006, les institutions électorales, l’État, les partis. Mais oui, ce qui a changé c’est d’abord l’attitude des gens qui participent, qui s’investissent beaucoup plus là où ils le peuvent, dans les écoles, dans les comités de quartiers... Et dans certains comités c’est même très affiché comme étant non-PRIistes ou même anti-PRIistes. Dans les "colonias" (quartiers populaires), il y a cette figure du "convive" qui est intéressante. Le "convive" c’est le comité de chaque quartier populaire, ce sont ses représentants face au gouvernement, en l’occurrence face aux autorités municipales. Mais comme c’est un niveau infra-municipal, la forme n’est pas spécifiée.

Il y a des quartiers où ils font des listes comme s’ils étaient des partis politiques, trois listes et on y va et on vote, mais il y a aussi des quartiers où on fait comme dans les communautés rurales. Là où je vis c’est comme ça qu’on fait : on décide en assemblées comme dans les municipalités us et coutumes. Et c’est très intéressant de voir comment le gouvernement de l’État s’oppose aux quartiers qui veulent prendre eux-mêmes les décisions ou désigner leurs représentants en assemblées, et comment il favorise et finalement impose que cela se fasse par le système des partis politiques. C’est à ça que se voit le changement dans la culture politique, dans cette tension qu’il y a jusqu’au niveau le plus bas que sont ces comités des quartiers. Là aussi l’État lutte pour conserver son pouvoir incarné par ces listes, par ce jeu des couleurs politiques. C’est comme ça qu’ils éduquent les gens à se contenter du « il faut mettre un papier dans la boite ».

L’autre manière c’est celle où on se réunit tous. Alors pourquoi ce n’est pas aussi fort dans les quartiers de la ville que dans les villages ? Parce que dans les quartiers populaires il n’y pas de terre commune sur laquelle l’autorité collective peut s’exercer. C’est très important ça. Alors bien sûr il y a des gens décidés, conscients, qui veulent participer, qui veulent recréer cette forme fondamentale, mais il leur manque cet élément central de la terre... alors ce qui se pratique, c’est la récupération des espaces publics. Dans mon quartier les gens ont commencé par protéger les espaces verts contre l’urbanisation, et se sont mis à s’en occuper eux-mêmes... empêcher avant tout que le gouvernement ne les vende, comme il le fait souvent,... il y a des terrains vagues qu’on a connu pendant des années et dont petit à petit on a fait des jardins publics, et puis un jour ils nous on dit « non », « on a retrouvé un propriétaire, on a fait des lots et on va vendre le terrain pour construire ». Dans notre quartier nous avons empêché cela. Quand le gouvernement est venu en disant « on va faire de nouveaux lots ici », on a dit « non, ici c’est un espace public, et s’il n’est pas reconnu comme tel, et bien reconnaissez le maintenant, nous ne voulons pas plus de maisons ici, nous voulons des jardins, des arbres »... et c’est ce qui s’est passé.


Ce n’est pas toujours évident, ce n’est pas aussi tranché que lors du soulèvement de 2006 comme expression de souveraineté populaire, mais ça prend ces formes là un peu partout, des petits espaces, des assemblées, où les gens s’investissent beaucoup plus qu’avant, et d’une manière plus claire. En tout cas ce mouvement, dans toute sa diversité, est très clairement anti-PRIiste.

Au niveau des élections ça s’est ressenti de diverses manières. Vous connaissez le roman Ensayo sobre la lucidez (« La lucidité ») de José Saramago ? Il y est question d’une ville du Portugal, où il y a eu une abstention record aux élections, notamment du fait de pluies torrentielles, seuls 30 % de votants se sont présentés. Le gouvernement local vacille devant un tel résultat et en vient à dénoncer une « conjuration anarchiste ». Et bien à Oaxaca on ne parle pas de 30 % mais de 17 % de participation aux élections d’ août 2007 ! La plus forte abstention qu’il y ait jamais eu au Mexique. Et de ces 17 %, seulement 8 % ont voté PRI mais ça a suffit pour qu’ils gagnent.

A la différence de « l’Autre Campagne » (lancée par les zapatistes de l’EZLN en 2006), qui est un appel à la non-participation permanente, à Oaxaca le mouvement avait pris la décision précise et circonstanciée de ne pas participer à ces élections.

Avant ça, avaient eu lieu les élections présidentielles de 2006, avec Lopez Obrador, Calderón... là, le peuple avait voté massivement pour Lopez Obrador (Parti Révolutionnaire Démocratique- centre gauche) à Oaxaca. De cette élection, plus que les partis politiques, et plus que les candidats, on retient surtout la manière dont les peuples de Oaxaca ont dit au PRI « nous ne voulons plus de toi ! ». Ce fut la déroute la plus massive que ce parti ait jamais reçu à Oaxaca ! Enfin il y a deux aspects tu vois... Ensuite il y a la non participation, la dé-légitimation totale de la classe politique, comme une forme de plus à travers laquelle le mouvement exprime son refus et sa force.

En 2007, ceux des partis politiques, disaient que pour une fois il n’y avait pas eu de votes « achetés », parce que le PRD qui n’avait jamais gagné, qui se faisait toujours « acheter » la victoire par le PRI, -les gens leur avaient dit « ne gâchez pas l’argent que vous donne le gouvernement pour faire campagne ! »... et l’argent ils l’ont gardé, ils n’ont même pas eu besoin de faire campagne- là ils ont eu des députés, des sénateurs, comme jamais auparavant. La blague entre les gens ici c’était : « ces pauvres types qui ont récolté le gros lot alors qu’ils n’ont rien fait pour ! ». Les gens ne les connaissaient même pas ! Les gens étaient seulement venus pour voter contre le PRI. Tous contre le PRI ! Il y a eu un peu de ces deux stratégies. Et au niveau municipal aussi, ça va sans dire.

LundiMatin : Au vu de ce que vous avez vécu ici en 2006, penses-tu que transposer l’expérience politique des communautés indigènes en "us et coutumes" peut être un objectif à atteindre y compris en ville ?

Au niveau de la ville, oui je pense que ce serait possible... réactiver les assemblées et décider de passer en "us et coutumes" ici... c’est possible mais ça demanderait de passer par un processus d’éducation populaire plus que par une réorganisation administrative, un changement légal.. ici c’est peut-être la volonté des gens qui manque le plus... il y a quand même cet aspect attractif de la démocratie à l’occidentale où tu votes une fois et tu peux te désintéresser de tout pendant des années, c’est quand même plus facile. L’assemblée ça demande beaucoup de travail, vivre comme ça réclame beaucoup de travail... c’est d’autant plus dur dans les villes, non pas parce que les gens sont plus fainéants, mais parce qu’ils n’ont pas le temps, parce que la vie ne leur laisse pas ce temps. Mais oui c’est bien à ça qu’il faudrait parvenir. … en ville, dans les quartiers, c’est souvent le régime de nécessité qui a permis de parvenir à un certain niveau d’organisation.

Dans les communautés indigènes c’est plus évident, il y a le « tekio », le travail communautaire, gratuit, volontaire que chaque personne donne à sa communauté... alors on dit « volontaire » mais dans les communautés on voit bien comme c’est aussi un peu « forcé ». Comme la propriété de la terre est collective, celui qui ne fout rien on se souviendra de lui au moment où il va demander un morceau de terre -comme ils le font tous- avant de se marier... comme tout le monde sait ça, tout le monde participe ! Dans les quartiers ça n’existe évidemment pas, il n’y a pas cette « coercition positive » pour ainsi dire. Dans les « colonias » on s’organise pour se raccorder à l’eau, construire sa rue, son réseau électrique, ses services... mais vient un moment où tout ça c’est fini... et c’est là qu’on intervient, qu’on essaye de prolonger l’organisation commune, mais comme il n’y a pas de propriété collective c’est moins évident... que maintenir alors ? des ateliers, des initiatives... les travaux communautaires qu’il faut toujours faire, pour entretenir la rue, une fois que tu l’as construite... et c’est quand même marquant quand au lieu de dire « ce terrain de basket a été fait par le gouvernement », tu peux dire « c’est nous qui l’avons construit ! ». C’est très différent.

En Bolivie, après le mouvement de El Alto, en 2005 je crois, le pouvoir a curieusement fait la même chose que ce que les autorités d’ici ont fait après le soulèvement. Ils ont grillagé les espaces publics, à commencer par les terrains de basket des quartiers populaires, ça montre bien le sens de ces espaces dans les quartiers. Ici Calderón avait fait un programme d’investissement hallucinant de « récupération des espaces publics », pour les réaménager, y mettre leur logo, les grillager,... et les fermer à clef ! Et d’afficher « Ici, un espace public récupéré ». Mais encore une fois, la plupart des quartiers n’ont pas laissé faire, par exemple dans mon quartier, ils avaient essayé de fermer le terrain au bout de la rue et il y a eu des gens pour virer ce qu’ils avaient posé... et ils ne l’ont pas fermé ! Il est toujours ouvert, jour et nuit. Mais c’est difficile avec les franges plus conservatrices de la population qui disent « mais c’est que ces espaces de vice, ces bandes... des jeunes font des choses la nuit, il faut les fermer... » des choses du genre. Entre les gens qui se connaissent ça ne va pas plus loin, c’est pas une histoire de politique, on leur dit « mais de quoi tu parles, de qui tu parles, qu’est ce que tu as vu, on connaît tout le monde ici dans le quartier ». Mais dès que tu te rapproches du centre, c’est plus difficile, tu ne trouves même plus ces petites formes de communauté.

Dans les quartiers du centre n’en parlons même pas, là tu n’existes même pas, ils disent qu’ils sont les plus « anciens » et ils ne savent même pas qui est le président du quartier... mais si tu t’éloignes de là tu retrouves vite ces liens, ici par exemple c’est le quartier de Xochimilco, ici il y a toujours un convive. C’est le quartier le plus ancien de la ville de Oaxaca et le convive est toujours actif. Ici c’est « la croix de pierre », parce qu’ici il y avait une croix de pierre, juste là... en 2006, il y a eu des affrontements juste ici sur cette place. Mais ce n’est pas pour ça que la croix a été enlevée. Ça s’est passé plus tard, on ne sait pas pourquoi, enfin on imagine pour le même genre de raison que pour les terrains de basket... ils ont commencé à mettre beaucoup d’argent pour modifier les parcs et les places de la ville alors que ça n’était pas vraiment nécessaire. Ici ils sont venus, ils ont enlevé la croix et ils ont mis ce truc un peu plus loin pour la remplacer. Ça représente une croix mais ce n’est pas une croix... ils ont fait ça dans plein d’endroits, tantôt grillager les espaces publics tantôt les détruire tout simplement, leur donner une autre forme.

Ici c’était vraiment évident parce que ça n’avait aucun sens. Quand ils ont présenté les plans de réaménagement, les gens du quartiers ne l’ont pas entendu de cette oreille et ont exigé d’être associés aux décisions, l’architecte voulait mettre une croix dans un cube en verre comme une putain de station de métro ! Horrible, non ? Et du ciment partout où il n’y avait que de la pierre, mais qui fait ça ! Enfin bon les gens ont réussi à imposer que tout soit refait en pierre, la seule chose qu’ils n’ont pas pu imposer c’est la forme finale de cette putain de croix. Tout ça, je vous en parle parce que ça fait partie de la lutte pour l’espace. Si on généralise un peu, on pourrait dire que quand le gouvernement a vu que le peuple avait compris que le cœur de la bataille se menait sur l’espace public, la rue, l’espace commun, sa réponse a été d’investir cette bataille pour l’espace public, avec son pouvoir, avec son argent, avec sa police... et cette bataille il ne l’a pas gagnée, elle continue un peu partout.

Même sur le Zocalo (place centrale des villes mexicaines), en plein centre, vous l’avez vu, cette lutte est visible. Ils ont du militariser la place pour empêcher les camelots de s’installer partout. Alors imaginez dans chaque parc, dans chaque petite place de la ville, il y a cette même lutte . Il y a un petit parc ici en bas que le mouvement s’était approprié... des collectifs du mouvement l’occupaient et y organisaient des choses, et tous les jeudis la police venait mettre la pression jusqu’à ce qu’ils se fatiguent. Et aujourd’hui il s’y passe toujours des choses, sur un autre mode, des fêtes, des projections, on ne le voit plus maintenant mais ce sont les organisations du mouvements de 2006 qui l’ont « récupéré » au départ. Il faudrait reconquérir tous les espaces de cette manière. Il me semble que la meilleure manière de traduire ici la lutte pour les "us et coutumes" et pour la communalité c’est précisément cette lutte pour reprendre l’espace public.

LundiMatin : L’intervention de la Police Fédérale qui a mis fin au soulèvement de 2006 a-t-elle été vécue comme une défaite ?

Il n’y a pas eu de défaite. Un tag est devenu fameux après la répression de 2006 qui disait « En Oaxaca no hay derrota ! » ( A Oaxaca, il n’y a pas de défaite ! ), c’est ce que les gens écrivaient sur les murs dès les lendemains de la répression. Nous nous considérons comme la partie ultime d’une résistance séculaire, résistance qui n’a jamais été défaite, pourquoi devrait-elle l’être aujourd’hui ? Et encore moins dans les circonstances dans lesquelles cela a fini. Si l’État a porté le dernier coup au mouvement, ce ne fut pas le seul. Le mouvement a auparavant lui aussi porté des coups au gouvernement. Ce fut un coup très fort, c’est vrai. Alors que beaucoup de gens ont immédiatement cherché à poursuivre la lutte sous une autre forme, il y en a un certain nombre qui se sont découragés, qui se sont laissés gagner par l’impuissance, pas tant par la peur... et cela aussi à cause de la trahison d’un certain nombre de leaders du mouvement, il y a eu une crise de confiance, de la méfiance, oui plutôt ça que de la peur. Non ce ne fut pas une défaite.

Après 2006, ce qui s’est passé, ce qui se passe dans tout le Mexique aujourd’hui, est la confirmation de ce qui était survenu à Oaxaca. Aujourd’hui tout le Mexique est comme Oaxaca en 2006, à Tijuana, même à Cancun, on sort dans la rue. Tout le monde le voit maintenant, partout on emprunte le même chemin, par la lutte, par la reprise de l’espace public. Dans les mouvements qui ont eu lieu après, dans les manifs contre l’imposition de Peña Nieto (actuel président PRI du Mexique), pour exiger le retour des jeunes disparus... on retrouve Oaxaca toujours, partout. A travers la Section 22, les organisations, les peuples, à chaque moment. Ici a aussi commencé d’une certaine manière l’offensive contre Peña Nieto. Quand il est venu pendant sa campagne, il est sorti et les gens se sont mis à lui courir après... jamais on aurait cru ça possible, qu’on puisse faire ça sans qu’ils ne nous butent.

Le mouvement n’a plus la forme concentrée qu’il a eu en 2006, mais il est toujours là, peut-être avec plus de force encore. En 2012 encore, Oaxaca a été la ville où il y a eu le plus de manifs, loin devant le District Fédéral (Mexico City), il n’y avait pas un jour sans manif, comme si les gens se disaient, après tant de répression, il faut recommencer à sortir, à prendre la rue jusqu’à le refaire une autre fois. 2012 c’était aussi l’année des élections présidentielles.

Alors oui l’intervention de la police fédérale fut un grand coup, 26 compagnons ont été assassinés et on ne nous a pas rendu justice, beaucoup d’agressions, de viols contre nos camarades... mais depuis dans le pays il y a eu des cascades de meurtres, de disparitions, qui font que nos 26 assassinés paraissent peu à comparer aux milliers qui sont morts dans tout le Mexique après 2006. Combien sont morts des mains mêmes du gouvernement, des milliers, des milliers sans réponse jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui, il y a la mobilisation pour les 43 disparus d’Ayotzinapa qui nous enthousiasme beaucoup et nous donne de l’espoir. C’est comme si on avait perdu la capacité de s’étonner du crime au Mexique, pendant ces douze années il y a eu une vraie décomposition sociale, c’est évident. Cela ne peut plus se cacher sous le tapis. Le monde entier le sait aujourd’hui.

Nous espérons que ça serve pour que les gens ici au Mexique se rendent compte qu’on ne peut pas continuer comme ça. Avec la mobilisation pour Ayotzinapa, nous avons vu des gens que nous n’avions pas vu depuis 2006 qui s’étaient éloignés par déception, par méfiance, par fatigue, par peur pour certains, revenir dans la rue.
La seule demande du retour des élèves de l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa ne suffira pas... il faudra la volonté des forces du mouvement social, une volonté de s’unir, de partager l’essentiel. Il me semble que les gens des organisations sociales de lutte, la frange « consciente », militante, dans son ensemble ne comprend pas bien ce qui se passe aujourd’hui dans la tête des gens. Je dirais même que les gens, tous ces gens qui sortent dans la rue depuis trois mois, depuis les disparitions, sont plus avancés que les militants qui sont censés « orienter » le mouvement. Je vois les gens dire « unissons-nous pour dégager Peña Nieto », et je vois des organisations, des militants, dire « non nous n’irons pas à cette manif parce qu’il y a tel groupe qui participe ». Quelle incompréhension !

Le plus dur toujours c’est de mettre les gens d’accord dans ce pays.
Beaucoup aussi se demandent « mais après, quoi ? ».
Qu’on sache ou non clairement vers où aller c’est un chemin sur lequel il va falloir avancer, pour y voir clair. J’ai vu tellement de choses échouer avant d’avoir commencé pour être restées au stade des préliminaires sans que quiconque ose faire le premier pas. Nous pensons que cette consigne de « retrouver les jeunes d’Ayotzinapa vivants » ouvre toutes grandes les possibilités, aussi parce que c’est une demande juste. Comment y arriver ? Il ne faudrait pas que ça reste au stade de la crise politique nationale, il faudrait que ça sorte des frontières... parce que l’avenir du Mexique depuis longtemps ne se décide plus dans le pays... il y a d’un côté Peña Nieto et de l’autre... il y a les puissances du pétrole et du gaz. Sachant cela il faut monter la pression pour qu’ils se disent que si le mouvement grandit c’est bien pire pour eux que le départ de Peña Nieto. C’est drôle mais avant les vacances de Noël, Peña Nieto a annoncé qu’il partait rendre visite à Obama en janvier... un voyage bien loin de toute cette agitation d’ici. Il part demander de l’aide pour se maintenir en place. Mais il y a énormément de mexicains aux États-Unis... ils ont grandement participé à la mobilisation depuis les disparitions... il y a eu de grandes manifestations de rues, des milliers de personnes dans les rues des États-Unis... ce qui est remarquable parce que beaucoup de mexicains des États-Unis ne sortent pas dans la rue d’habitude, parce qu’ils sont souvent en situation irrégulière.

Que faire ensuite ? On ne le sait pas vraiment... je pense que les projets autonomes, les petites initiatives autogestionnaires, les grandes aussi, parce qu’il y en a aussi ! Les grands territoires et municipalités libérées... sont autant de graines qui sont déjà semées... et le gouvernement est un eucalyptus, un arbre moribond, comme une ombre vénéneuse... et les graines semées ne vont pas pousser si on ne coupe pas l’arbre... Il y a les expériences dans la société mexicaine pour construire d’autres formes d’organisation sociale, plus libertaires, plus horizontales, plus indigènes aussi, quant au sens de la « communalité », au sens collectif de la terre... Le Mexique est prêt, comme disait Ricardo Flores Magón : « le peuple mexicain est prêt pour le communisme ». Le communisme dans son sens anarchiste bien sûr.

Je reprendrai ses paroles pour la situation aujourd’hui. Le Mexique est prêt du fait de la douleur, mais aussi du fait de toutes ces initiatives locales, du fait aussi de l’expérience des grandes organisations de base, des syndicats de lutte, desmunicipalités autonomes zapatistes, des municipalités us et coutumes d’ici, despolices communautaires du Guerrero, de la partie populaire des groupes d’auto-défense du Michóacan, de beaucoup d’expériences aussi que nous ne connaissons pas directement, les usines autogérées en différents endroits du Mexique, comme celle des travailleurs de l’usine de pneus Euskadi à Jalisco, des usines coopératives de boissons... toutes ces expériences doivent venir nourrir le mouvement... le problème pour ceux, comme nous, qui sont pris dans les initiatives concrètes, autogérées, autonomes -nous en parlons souvent à la CASOTA (lieu collectif autogéré dans Oaxaca)- c’est de construire d’une main ces réalités concrètes mais de l’autre ne pas oublier d’être dans le mouvement, dans la rue, ne pas s’isoler. Le pire qui pourrait arriver serait de perdre ça de vue. On peut être égoïste sans le vouloir. Comment continuer à construire, à travailler, à se lier avec ce qu’on fait, là où on le fait, et en même temps, rester en contact avec le commun, avec la rue, avec ce que pensent les gens qui, partout, veulent le changement... ce sont des questions importantes pour nous tous... tenir ensemble les initiatives les plus locales, les plus concrètes avec les horizons les plus grands, les plus amples.

Solidarité avec les prisonniers de la Prison Nord de Mexico

Lettre de solidarité avec les prisonniers de la Prison Nord de Mexico

recnor A la Coordination Combative des Prisonniers en Résistance dans la Prison Nord
A nos compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortés
A l’étudiant Bryan Reyes
Aux détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista
A la croix Noire Anarchiste du Mexique

Lettre envoyée au Mexique le 24 février 2015

Compagnons, c’est avec un salut combatif que nous voulons vous manifester notre entière solidarité et notre soutien à l’action que vous avez décidé de mener collectivement, affrontant le système carcéral d’oppression, de mépris et d’autoritarisme.

Nous avons lu votre communiqué, le combat que vous avez décidé de mener est un exemple très fort de résistance pour nous toutes et tous qui sommes dehors sans pour autant être libres. Bien au contraire, nous sommes comme vous immergés dans un système d’oppression et d’esclavage qui par le biais de la peur prétend paralyser et enchaîner la rébellion et la rage de nombreux hommes et femmes. Ce que vous appelez tracer une ligne en refusant de reconnaître les autorités pénitentiaires les assimilant aux ennemis immédiats dans cette étape de la guerre qui vous a emprisonnés, pour nous autres cela signifie briser les chaînes et nous déclarer libres au milieu des grilles… Par cette action vous nous donnez une leçon de courage, de détermination et d’une immense rébellion.

Pour l’heure camarades, vous nous donnez la force de poursuivre ici, de là où nous sommes, la lutte pour la liberté, qui finalement consiste à dépasser la peur, à refuser de se soumettre à l’autoritarisme exercé par toutes les autorités et bien que loin de vous, nous voulons vous dire notre entière solidarité, nous suivrons avec attention les événements, et nous serons également attentifs au traitement auquel vous soumettent les autorités en ces moments cruciaux alors qu’elles ont décidé de maintenir certains détenus à l’isolement.

Nous diffuserons également votre communiqué ainsi que les faits qui se déroulent dans la Prison Nord, dans toute la mesure de nos possibilités dans nos différents espaces.

Nous faisons savoir aux autorités carcérales de la Prison Nord que nous suivons avec la plus grande attention ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, que les faits font l’objet d’une information détaillée et que nous tenons pour responsables de tout mauvais traitement physique et psychologique auquel pourraient être soumis les détenus en grève de la faim, les directions de cette prison, le chef du gouvernement de la capitale ainsi que les autorités qui ont donné l’ordre d’isoler les détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista en les transférant dans l’aile d’entrée. Nous sommes également attentifs à la situation des camarades Fernando Bárcenas et Abraham Cortés qui viennent d’être transférés dans l’aile d’Observation et de Classification ainsi que Bryan Reyes.

Camarades, courage, courage à vous tous qui avez décidé de briser la peur qui paralyse en vous déclarant en totale rébellion face aux autorités pénitentiaires. Courage, vous n’êtes pas seuls !

Nous restons attentifs en diffusant votre combat qui s’inscrit, comme le notre, dans la destruction de ce système carcéral dans lequel nous vivons dans un dedans et un dehors relatifs, notre lutte s’inscrit, comme la votre, dans le combat contre tout type de domination, d’oppression, d’exploitation, d’humiliation et d’autoritarisme !

A bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants, Paris, France, Confederación General del Trabajo, CGT – Estado español, ASSI (Acción Social sindical Internacionalista), Centro de Documentación sobre Zapatismo, Estado español, Caracol Solidario, Besançon, France, Tierra y Libertad para Arauco, France, Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelona, MUT VITZ 13, Marseille, France, Anarchist Black Cross Paris-Banlieue, Alternative Libertaire, Toulouse, France

————–
Lettre en espagnol
Traduction de la lettre Amparo, correction Val
Infos + Communiqué de la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)


Depuis la prison centrale de l’État d’Oaxaca, Mexique

ALVAROSDepuis la prison centrale de l’État d’Oaxaca, Mexique

22 janvier 2015

Aux compagnons et compagnonnes solidaires qui promeuvent et mènent la lutte pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

Alvaro Sebastian Ramirez, prisonnier politique et de conscience de la région loxicha, Oaxaca. Depuis la prison centrale, qui est ma tranchée de lutte, je vous envoie des salutations fraternelles et combatives, et une forte accolade à chacun et chacune d’entre vous qui êtes en train d’organiser cette journée solidaire pour la liberté à Paris, France. Malgré la distance, malgré la différence de culture, malgré la différence de langue. La dignité, la résistance et la rébellion sont partout, dans chaque coin du monde. La Solidarité est la langue universelle des gens pauvres et marginaux, des oubliés, de ceux d’en bas et à gauche.

N’importe quelle action, dans n’importe quelle partie du monde, qui exige la liberté de n’importe quel être humain enfermé pour le fait de lutter pour les droits de l’humanité, est un acte qui dépasse les frontières, les mers, les océans et les murs de la prison. C’est un acte qui touche les cœurs de nous qui sommes otages du pouvoir et du système, de nous qui sommes des prisonniers pour avoir lutté.

Pour cette raison, nous insistons sur le fait de nous organiser depuis en bas à gauche et de cheminer avec la Sixième déclaration de la jungle Lacandone. Nous exigeons également la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus et l’arrestation des responsables des assassinats et de la disparition forcée qui a eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 dans la ville d’Iguala, état de Guerrero, Mexique.

Vive les compagnons et compagnonnes internationalistes solidaires en lutte pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde !
Vive la sixième internationale !
Ils ont été pris vivants, vivants nous les voulons !

Alvaro Sebastian Ramirez
Prisonnier politique et de conscience de la région loxicha, Oaxaca, Mexique.

Lettre envoyée pour le repas solidaire du 28 février à Paris.
plus d’infos sur Alvaro Sebastian

traduit par les trois passants / correction Amparo


Rassegna Oblò - Corpi differenti

GVC - Edizioni BeccoGiallo - Associazione Ya Basta - Padova
in collaborazione con Multisala Astra
presentano
OBLO'
Sguardi sulla realtà tra cinema e fumetti
Rassegna di docu-film e graphic-novel


* lunedì 2 marzo ore 21.00
CORPI DIFFERENTI
La libertà di essere, esprimersi e scegliere accomuna storie differenti , che rompono la gabbia imposta sui corpi e affermano diritti e dignità.

Ne parliamo con:
Alessia Di Giovanni autrice di “Piena di niente”,
Carlotta Romagnoli Cooperativa Iside,
Porpora Marcasciano MIT,
Aurora d'Agostino Giuristi Democratici,
Carlotta Piccinini regista,
Stefania Piccinelli - GVC
Coordina Andrea Nobili

Proiezione di:

When I was a boy, I was a girl
Ivana Todorovic | Serbia | 2013 | 30'

JPEG - 77.9 Kb
When was a boy, i was a girl

Goca è un travestito di Belgrado, la capitale di un paese in cui è vietato organizzare o partecipare a un gay pride. Sta crescendo una figlia che in realtà è sua nipote. Sebbene il suo fidanzato non la rispetti, Goca lo ama ancora e ce la mette tutta per continuare a essere solare e aperta. Il giorno del suo trentanovesimo compleanno decide di festeggiare il suo coming-out sul palcoscenico di fronte al pubblico. Così racconta ai presenti la storia della sua vita: "When I was a boy, a was a girl " ("Quando ero un bambino, ero una bambina”). Pochi mesi dopo la realizzazione del film, Goca ha iniziato a lavorare come attivista per i diritti dei transessuali in Serbia e ha fondato l'associazione "Hestija".

Ivana Todorovic è nata a Belgrado nel 1979. Studia etnologia, antropologia e polemologia presso l'Università di Belgrado, partecipa al workshop di cinema documentario "Jean Rouch Ateliers Varan" e in seguito si diploma in "Documentary Media Studies" presso la New School di New York. I suoi film, tra cui "Rapresent" (2008) e "A Harlem Mother" (2009), sono stati presentati in numerosi festival internazionali, quali Berlinale Shorts, Trasverse City Festival, Rotterdam, Palm Spring Shorts, Rooftop, riscuotendo ampio successo in tutto il mondo. I suoi documentari sono incentrati sui temi del cambiamento sociale e sono stati utilizzati per la realizzazione di campagne di sensibilizzazione da parte di numerose ONG.


Chi vuoi che sia
Davide Vigore e Riccardo Cannella | Italia | 2013 | 30'

"Chi vuoi che sia" è un documentario girato a Palermo, in uno dei quartieri che caratterizzano la cultura e l'antropologia di questa città: “Ballarò”. La storia che si racconta è quella di un essere umano che non si definisce, che si definisce un essere astratto. Sullo sfondo una storia d'amore che ha generato sofferenza, decisioni importanti, emarginazione, ma che allo stesso tempo ha portato i protagonisti - una coppia - a diventare un modello per tanti altri. Il film ci racconta come la vita sia un susseguirsi di scelte, ma anche di come non scegliere possa essere determinante per il contesto in cui vivi, e quanto sia complesso indagare l'animo umano cogliendone tutte le sfaccettature. Il film ci racconta infine di una persona... chi vuoi che sia.

Davide Vigore nasce ad Enna nel 1989. E' regista, sceneggiatore e produttore cinematografico. Nel 2008 collabora con il regista Giampaolo Cugno per la realizzazione del film “La Bella Società”. Nel 2010 realizza il film-mediometraggio dal titolo “Amira” che tratta tematiche sull'integrazione sociale e la tolleranza razziale e culturale.

Riccardo Cannella nasce a Palermo nel 1991. Studia al Centro Sperimentale di Cinematografia. E' regista e montatore di numerosi documentari e cortometraggi.

TRAILER


Eco de femmes
Carlotta Piccinini | Tunisia, Marocco, Italia | 2014 | 30'

JPEG - 105 Kb
Eco de femmes

“Eco de femmes” è un documentario corale che racconta le esperienze e i desideri di vita e professionali di sei donne che vivono e lavorano in differenti zone rurali tra il Marocco e la Tunisia. Zina, Cherifa, Halima, Fatima, Amina e Jamila hanno il comune obiettivo di creare delle cooperative agricole che possano coniugare l'antica conoscenza agricola e manifatturiera femminile e lo svilippo di nuovi prodotti per il mercato.

“Eco de femmes” è realizzato nell'ambito dell'omonimo progetto, promosso da GVC e finanziato dall'Unione Europea e dalla Regione Emilia-Romagna, in collaborazione con il Comitato Europeo per la Formazione e l'Agricoltura Onlus (CEFA), le Réseau Tunisien de l'Economie Sociale (RTES) e le Réseau Marocain de l'Economie Sociale et Solidaire (REMESS). Il documentario è realizzato grazie alla preziosa collaborazione di EleNfanT, associazione di autori, filmmakers e produttori indipendenti.

Carlotta Piccinini, classe 1979, lavora in maniera trasversale nel campo della video arte, delle installazioni interattive e del documentario sociale. Dal 2007 inizia ad occuparsi di visual design e nel 2010 ha diretto il suo primo documentario “1514 Le nuvole non si fermano” prodotto da Visuallab e realizzato nei campi profughi Sahrawi in Algeria. Fa parte dell'associazione EleNfanT dove lavora come regista, visual artist, aiuto regia e montatrice. Dal 2009 lavora come responsabile di produzione e dei contenuti artistici per LPM - Live Performance Meeting.

TRAILER



SARANNO PRESENTI COME OSPITI NELLA SERATA:

ALESSIA DI GIOVANNI
Sceneggiatrice, scrittrice e videomaker, ha collaborato con Sperling&Kupfer, SkyCinema, R101, Mediaset, Comedy Central, Mondadori, Ilfattoquotidiano.it. Ha co-fondato lo Studio CreativeComics, che si occupa di cinema, fumetto e contaminazione dalla fine degli anni Novanta. Ha diretto il western horror al femminile “A pezzi”, con Elena Di Cioccio e musiche di Manuel De Sica. Il suo ultimo documentario, “Lavoratrici”, indaga le vite di venti ragazze tra violenza e molestie sul luogo di lavoro. Cura la rubrica satirica di genere de-genere “Porca Eva!” su Radio Popolare. Ha sceneggiato “Io so' Carmela” per i disegni di Monica Barengo (BeccoGiallo, 2013) ed è uscito da poco in libreria il suo nuovo lavoro: "Piena di niente- Quattro buoni motivi per non avere un figlio" dedicato a quattro storie vere per squarciare il velo d'ipocrisia che avvolge il tema dell'aborto in Italia.

CARLOTTA ROMAGNOLI

Psicologa è Presidente della Coopertiva Sociale Iside, impegnata nella promozione di azioni di contrasto alla violenza di genere. Esperta nella gestione di gruppi di sostegno per donne che subiscono violenza e maltrattamento, organizza e conduce laboratori di approfondimento su l'autodifesa emotiva e l'autoprotezione. La Cooperativa Iside è formata da un gruppo di professioniste che lavorano in un'ottica interdisciplinare sui temi della cultura di genere e dei diritti delle donne.

PORPORA MARCASCIANO
Presidente del MIT (Movimento identità transessuale) fondato nel 1982 e che difende e sostiene i diritti delle persone transessuali, travestiti, transgender e genderqueer. Il MIT è impegnato a livello nazionale ed Europeo nella lotta contro le discriminazioni legate all'identità di genere e a tal fine elabora, di concerto con altre associazioni e con le Istituzioni, strategie di contrasto e di lotta alle diseguaglianze.

AURORA D'AGOSTINO
Avvocatessa impegnata nella difesa dei diritti civili, è stata consigliera comunale e fa parte di Giuristi Democratici, organizzazione impegnata nella difesa dei principi democratici a livello nazionale ed internazionale.

CARLOTTA PICCININI
Fotografa di formazione e regista, opera in maniera trasversale in diversi ambiti, che caratterizzano la sua impronta autoriale e creativa, spaziando dalla video arte al vjing, all'interesse per il documentario.

STEFANIA PICCINELLI
Lavora all'interno del GVC seguendo progetti di cooperazione internazionale e educazione allo sviluppo. E' coordinatrice insieme a Jonathan Ferramola del Terra di Tutti i Film Festival


La rassegna si svolgerà presso la Multisala Astra Via T. Aspetti 21 a Padova.
Inizio alle ore 21.00
Tutti i film stranieri sono sottotitolati in italiano
Ingresso libero
A disposizione i libri degli autori, spille e tavole esclusive dedicate al tema della serata.

Contatti rassegnaoblo@gmail.com tel. 0498751003
Info www.yabasta.itwww.beccogiallo.it - www.terradituttifilmfestival.org

Envían a prisión Preventiva a tres líderes de la resistencia pacífica de Barillas (Huehuetenango), Guatemala.

barillasGuatemala, Barillas (Huehuetenango). 26 de Febrero.

Consejo de Los Pueblos Maya de Occidente.  Tres líderes de la resistencia pacífica de Barillas fueron
enviados a prisión preventiva de manera arbitraria, como consecuencia de su
oposición a la construcción del Proyecto hidroeléctrico Qanbalam, propiedad de la
empresa española Hidralia-ecoener-Hidro Santa Cruz S.A.   Más información…

EZLN Letter to Doña Emilia Aurora Sosa Marín

 

EZLN Letter to Doña Emilia Aurora Sosa Marín

Letter from the EZLN to Doña Emilia Aurora Sosa Marín, compañera of Honorary Major Insurgent Félix Serdán Nájera. 

10393978_1571535019759490_430470427841043284_n

Zapatista Army for National Liberation

Mexico

February 2015

To: Doña Emilia Aurora Sosa Marín.

From: Subcomandates Insurgentes Moisés and Galeano

EZLN, Chiapas, Mexico

Compañera Emilia:

We got the news just a few hours ago. We don’t know how long it will take for these lines to reach you, but we know that regardless of the date, you will be able to read in these words the collective embrace that we send you.

That is because here we also feel the pain and sorrow of the death of Don Félix Serdán Nájera, honorary officer in our Zapatista Army for National Liberation, this past February 22 in the early morning hours.

We remember Don Félix’s firm and tender gaze, but we also remember your presence. It is as if between the two of you your journey was complete. That’s why we say that his absence brings us pain, but we also hurt for the pain that you feel in your heart today, Doña Emilia.

That is why with these words we not only want to salute the memory of compañero Felix Serdán, but to embrace you as well.

You and he have given us a living example that commitment and integrity are not something to boast about, that they are not measured on stages, in spotlights, through grand discourses or fateful dates.

Because the struggle is not a conjunctural lightning bolt that illuminates everything and then disappears in an instance. It is a light that, although tiny, is nourished every day at all hours. It does not presume to be unique or omnipotent. Its objective is to join with others, not to light up a monument but to illuminate the path so we don’t get lost.

In other words: the struggle doesn’t sell out, doesn’t give in, and doesn’t give up.

Don Félix, like you, always spoke and speaks to us in the simple, true words of those who share dreams, pain, and determination.

When we listened to him, we heard you both. And it was both of you that we saw and see at our side on the long path of resistance.

Because although there are no words to soothe the pain, we have inherited from both of you the commitment to be Zapatistas until our last breath.

This example that the two of you have given us, which is repeated and reflected in women, men, and others [1] in every corner of the planet, demands and obligates us to pursue the two things that we who struggle for justice, liberty, and democracy insist upon: resistance and rebellion.

And just as we see you, in your gaze we see ourselves. This is because both of you have been on this side of things regardless of trends or circumstances. You are on this side because you saw that our path here and yours there have the same destiny.

Without wasting time and energy on the words and gazes above, the two of you have always kept your heart open to those who are like us: those who have no faith in a system that oppresses us, deceives us, and attacks us; those who, with the same tender rage that one could see in the gaze of Major Insurgent Félix Serdán and in your own, Doña Emilia, construct a thousand mirrors of freedom, without fuss, without useless ceremonies, and without thunderous declarations.

We saw that a flag, the red and black flag of the EZLN, covered the final resting place of our compañero. With our flag, the women, men, children, and elderly of the Zapatista Army for National Liberation were and are present there. With our flag we are with you, Doña Emilia.

Your example will live on in all those who cover themselves with this flag. The struggle will continue with them. Because it is true that death finds no relief if our gaze stops at the end. But here we think that death is only cured by life, and that life is only worthwhile if it is lived in struggle. And the struggle is only fertile in collective.

So we do not die with Don Félix. With his life we live. With his life and that of many others[2] who died resisting and rebelling. Because even though it might seem like nobody keeps an accounting of those who are now gone, there are some who are no one so that accounting will not be forgotten.

We send you an embrace that, although it will not cure the loss, may bring relief in confirming, to you and to Don Félix, that here your gaze is reflected because we walk the same path.

From the mountains of the Mexican Southeast,

In the name of all of the women, men, children, and elderly of the Zapatista Army for National Liberation.

Subcomandante Insurgente Moisés

Subcomandante Insurgente Galeano

Mexico, February 2015

P.S. According to what we are told by the Support Team for the EZLN’s Sixth Commission, you have already received a small contribution that we sent as soon as we learned this sad news. With this letter comes a little more. It is not a lot because our possibilities do not allow for much. But support between compas has no measure. We know well that this does not relieve the pain of loss, but we also know that you have suffered economic hardship due to the long illness of our compañero. We are certain that the compas of the Sixth everywhere in the world, like us, will support you with whatever they can.

[1] The text uses “otroas” meaning “other,” to give a range of possible gendered pronouns including male, female, transgender and others.

[2] The text uses “muchos, muchas, muchoas” to give a range of possible gendered pronouns including male, female, transgender and others.

 

.

*******************************************************

.


Carta del Sup Galeano y Sup Moises a Dona Emilia Aurora Sosa Marin,

tags : galeano, moises, pl-fr,




EJÉRCITO ZAPATISTA DE LIBERACIÓN NACIONAL.

MÉXICO.

Febrero del 2015.

Para: Doña Emilia Aurora Sosa Marín.
De: Subcomandantes Insurgentes Moisés y Galeano.
EZLN, Chiapas, México.

Compañera Emilia:

Hace algunas horas supimos la noticia. No sabemos cuánto tarden estas líneas en llegar hasta sus manos, pero sabemos que, sin importar el calendario, sabrá usted leer en ellas el abrazo colectivo que le damos.

Porque acá también duele y da pena el fallecimiento, la madrugada del pasado 22 de febrero, de Don Félix Serdán Nájera, oficial honorario que fue de nuestro Ejército Zapatista de Liberación Nacional.

Acá recordamos la mirada tierna y firme de Don Félix, pero también su presencia de usted. Como si en ambos se completara el andar. Por eso le decimos que nos duele su ausencia de él. Pero también nos duele el dolor que ahora duele en su corazón, Doña Emilia.

Por eso en estas letras no sólo queremos saludar la memoria del compañero Félix Serdán, también queremos abrazarla a usted.

Usted y él nos han mostrado en vida, que el compromiso y el ser consecuentes no se alardea, que no se mide en templetes, reflectores, grandes discursos y calendarios fatídicos.

Porque la lucha no es un relámpago coyuntural que ilumina todo y desaparece sin más. Es una luz que, aunque pequeña, se alimenta todos los días y a todas horas. Una luz que no se pretende única y omnipotente. Una luz que tiene como objetivo el unirse a otras, no para alumbrar un monumento, sino para iluminar el camino y no perdernos.

En pocas palabras: la lucha no se vende, no se rinde y no claudica.

Él, como usted, siempre nos hablaron y hablan con la palabra sencilla y verdadera de quienes comparten sueños, dolores y empeños.

Y cuando lo escuchábamos, los escuchábamos a ambos. Y era a los dos a quienes veíamos, y vemos, a nuestro lado en el largo camino de la resistencia.

Porque aunque no hay palabra que calme el dolor, ustedes dos nos han heredado el compromiso de ser zapatistas hasta el último aliento.
 
Ese ejemplo de ustedes dos, que se repite y refleja en mujeres, hombres y otroas en todos los rincones del planeta, nos demanda y obliga en los dos pasos en los que insistimos quienes luchamos por justicia, libertad y democracia: la resistencia y la rebeldía.

Y así como los miramos a ustedes, en su mirada nos vemos. Porque ustedes dos han estado de este lado sin depender de modas y coyunturas. Están porque reconocieron que el camino de acá y el de allá tienen el mismo destino.

Sin desgastarse en las miradas y palabras de arriba, ustedes dos han tenido siempre el corazón abierto para quienes son como nosotras, nosotros. Para quienes no confiamos para nada en el sistema que nos oprime, engaña, ataca. Para quienes, con la misma tierna rabia que se adivinaba en la mirada del Mayor Insurgente Félix Serdán y en usted, Doña Emilia, construyen sin aspavientos, sin ceremonias inútiles y sin declaraciones estruendosas, los mil espejos de la libertad.

Vimos que una bandera, la rojinegra del EZLN, arropó el reposo final de nuestro compañero. Con ella y en ella estuvimos y estamos las mujeres, hombres, niños y ancianos del Ejército Zapatista de Liberación Nacional. Con ella y en ella estamos con usted, Doña Emilia.

Y en quienes se cobijan bajo esa bandera, seguirá su ejemplo de ustedes. Seguirá la lucha. Porque es cierto que la muerte no encuentra alivio si nuestra mirada se detiene en el final. Pero acá pensamos que la muerte sólo se cura con vida, y la vida sólo vale la pena con lucha. Y la lucha sólo es fértil en colectivo.

Así que no nos morimos con Don Félix. Con su vida vivimos. Con su vida y con la de muchas, muchos ymuchoas que se mueren resistiendo y rebelándose. Porque aunque parece que nadie lleve la cuenta de las ausencias, hay quien es nadie para no olvidarla.

Reciba nuestro abrazo que, aunque no cure las ausencias, alivie al confirmarles, a usted y a Don Félix, que sus miradas acá se reflejan porque también se andan los mismos pasos.

Desde las montañas del Sureste Mexicano.

A nombre de las mujeres, hombres, niños y ancianos del Ejército Zapatista de Liberación Nacional.





Subcomandante Insurgente Moisés           Subcomandante Insurgente Galeano.

México, Febrero del 2015.

P.D.- Según nos dicen compas del Equipo de Apoyo de la Comisión VI del EZLN, ya le entregaron una pequeña ayuda que le mandamos en cuanto supimos la triste noticia. Con esta carta le deben entregar otro tanto. No es mucho porque nuestras posibilidades son reducidas. Pero el apoyo entre compas no tiene medida. Conocemos bien que eso no alivia el dolor de la ausencia, pero sabemos que padece también dificultades económicas por la larga enfermedad de nuestro compañero. Estamos seguros de que l@s compas de la Sexta en todo el mundo, estarán, como nosotros, pendientes de apoyarla en lo posible.







——————————————————————————————————————————————-

Nota del Equipo de Apoyo a la Comisión Sexta.- La cuenta bancaria por si desea apoyar a la compañera es de Banorte, a nombre de Aurora Sosa Marín, número de cuenta 0245483284. 9676 Plaza Cuernavaca, sucursal 2507 Jojutla, clabe 072544002454832840

Ultimi sette intensi giorni in Messico, riassunto ed interviste

Settimana intensa in Messico. Prima la triste notizia della morte del 98enne Don Félix Serdán Nájera, dal 1942 membro delle resistenze campesine assieme a Ruben Jaramillo ded esponente delle lotte sociali fino all’ultimo suo respiro. Nel 1994 l’EZLN lo nomina … Continue reading

Il 23 febbraio ad Oblo - "Chilometri zero" testi e disegni di Paolo Castaldi Ed. BeccoGiallo in collaborazione con Biorekk

Nella Rassegna Oblò si parlerà del volume alla presenza dell'autore il 23 febbraio nella serata "Questa terra è la mia terra".

Chilometri Zero è un reportage a fumetti sull'Italia felice e che funziona: quella del consumo critico e della economia solidale. Paolo Castaldi ha percorso l'Italia dal Friuli alla Sicilia passando per il Veneto, La Lombardia, L'Emilia-Romagna e la Calabria, alla scoperta di progetti innovativi e buone pratiche da imitare: cittadini che si organizzano per cambiare le regole del mercato dal basso, sperimentare nuove relazioni abitative, ridefinire il rapporto tra produttori e consumatori, promuovere stili di vita più lenti, umani e sostenibili fondati sul rispetto della persona, del lavoro, della salute e dell'ambiente.

Il libro è nasce da una collaborazione tra Boirekk e BeccoGiallo.

Di seguito la presentazione del progetto da Biorek.org

Biorekk sbarca in libreria! Il nostro progetto editoriale con BeccoGiallo

Dal progetto di sostegno all'editoria indipendente in collaborazione con la casa editrice padovana BeccoGiallo è nata l'idea di realizzare insieme un libro sul consumo critico, che uscisse in occasione della ricorrenza dei 10 anni di Biorekk che cade nel 2014.

Biorekk contribuisce alla sua realizzazione sia fornendo contenuti (premessa e temi da raccontare) sia economicamente, destinandovi il 5×1000. Paolo Castaldi sarà autore dei testi e disegnatore di quello che vuole essere un diario di viaggio scritto durante un tour di 7 tappe in giro per l'Italia a conoscere altrettante pratiche dal basso di economia solidale e stile di vita sostenibili.

Con l'aiuto del Tavolo RES Nazionale, che concede il patrocinio a questa nostra iniziativa, abbiamo selezionato i sette progetti che verranno raccontati nel libro: 1. Apprezziamolo (Veneto) – 2. SOS Rosarno (Calabria) – 3. Scuole SIP (Sicilia) – 4. GenuinaGente (Lombardia) – 5. Tutta farina del nostro sacco (Friuli Venezia Giulia) – 6. Condominio Ecosol (Emilia Romagna) – 7. Terramatta Lab (Sicilia).

Lo scorso 8 febbraio si è svolta la prima tappa: con Paolo siamo andati a trovare il produttore agricolo Severino presso la sua azienda, insieme ad alcuni soci Biorekk, Luca di El Tamiso partner del progetto SiTo Mato (il progetto Apprezziamolo applicato alla passata di pomodoro) e una rappresentanza della rete dei gas veneziani. Durante la mattinata l'autore del libro ha avuto modo di conoscere meglio finalità e dinamiche del nostro progetto sulla costruzione partecipata del giusto prezzo dei prodotti che acquistiamo.

Nei prossimi mesi l'autore andrà avanti con le altre 6 tappe.

Questa è la premessa a fumetti, i cui testi sono stati scritti da alcuni nostri soci. Il libro uscirà in autunno, tra ottobre e novembre 2014, in tutte le librerie italiane.
Leggi qui

Paolo Castaldi, classe 1982, è artista poliedrico: scrive e disegna fumetti, illustra, dipinge e si esibisce in performance di live art.Ha pubblicato "Nuvole Rapide" (due volumi, Edizioni Voilier, 2009 e 2010), "Etenesh, l'odissea di una migrante" (BeccoGiallo, 2011) con il quale vince il Premio Boscarato come Autore rivelazione dell'anno al Treviso Comic Book Festival del 2011, "Diego Armando Maradona" (BeccoGiallo, 2012), tradotto in tre paesi, “Gian Maria Volonté” (BeccoGiallo, 2014).Nel 2013 pubblica l'autoproduzione EP // Volume 01, progetto sperimentale che unisce fumetto, fotografia e musica.Vive e lavora a Milano. Il suo blog è biancoruvido.com

Recensione

Ieri ho avuto l'occasione di conoscere Paolo Castaldi, che da aprile a luglio ha viaggiato con matita, fogli e taccuino per incontrare gruppi di cittadini che si organizzano per poter scegliere, agire, costruire un mondo diverso.

“Chilometri zero” è un diario di viaggio, un reportage a fumetti attraverso sette esperienze di chi pensa che le cose possano cambiare e inizia a cambiarle partendo da sé.
A Padova Paolo ha incontrato Severino Bozzolan, coinvolto come contadino nella produzione della passata di pomodoro del progetto Apprezziamolo.
A Mereto di Tomba (Udine) ha mangiato il pane della filiera “Tutta farina del nostro sacco”.
A Milano ha conosciuto GenuinaGente che promuove la relazione diretta dei milanesi con il Parco Sud.

Nel suo viaggio Paolo ha scoperto che l'economia solidale non riguarda solo l'alimentazione, ma coinvolge diversi aspetti della nostra quotidianità.
A Fidenza (Parma) ha visitato il condominio Ecosol progettato dai suoi abitanti per poter attuare scelte consapevoli e favorire occasioni di incontro nella vita di tutti i giorni.
Ha scoperto le attività per le scuole del gruppo Scuole SIP incontrando Eleonora Russo a Torre Cajetani (Frosinone).
E' sceso fino a Rosarno, nella piana di Gioia Tauro, per conoscere la rete di SOS Rosarno che unisce afro-calabresi e calabresi di nascita per costruire un'alternativa di vita.
... ed ha infine scoperto le alternative turistiche per visitare la Sicilia offerte da Terra Matta Lab.

Ognuna di queste storie occupa un capitolo del libro, e lo stile dei disegni e dei testi, trasformandosi in ogni capitolo a seconda dell'ambiente e della storia che racconta, è efficace nel trasmettere il succo di ogni progetto.

Queste sono solo alcune tra le mille storie di cambiamento che popolano il nostro paese; il gruppo di redazione ha scelto quali raccontare allo scopo di rappresentare una certa varietà sia sui temi affrontati che sulle regioni attraversate, ben sapendo che molte altre storie andrebbero narrate (sul sito di BioRekk trovate l'elenco delle segnalazioni) e che questa Italia che costruisce un futuro migliore a partire dall'oggi spesso sfugge alla nostra percezione.

Evviva quindi questo reportage a fumetti e altre opere che si avventurano nel mondo subliminale delle immagini e delle emozioni per aiutarci a dare forma e forza alla costruzione di alternative per il benvivere; perché non saranno i comunicati o le dichiarazioni a convincere qualcuno. Mentre sui gusti e sugli odori i Gas sono piazzati abbastanza bene, abbiamo un disperato bisogno di costruire immagini, canzoni, simboli e miti.

Andrea Saroldi, volontariperlosviluppo.it

Threats and harassment against EZLN support bases in El Rosario

 

Threats and harassment against EZLN support bases in El Rosario

 

chd_frayba

 

Centro de Derechos Humanos

Fray Bartolomé de Las Casas, A.C.

San Cristóbal de Las Casas

25th February, 2015

Press Release No. 04

 

 

10580228_1462576170695302_4088188845645264402_n

Threats and harassment against EZLN support bases in El Rosario

  • Pojcol armed group warns of attacks and invasion against the community of Nuevo Paraíso
  • Failure by the government of Manuel Velasco Coello

The Fray Bartolomé de Las Casas Human Rights Centre (Frayba,) has information on the serious situation of threats and attacks by the “Pojcol Group” against the Support Bases of the Zapatista Army of National Liberation (BAEZLN) in the Community of El Rosario, Rebel Zapatista Autonomous Municipality (MAREZ) San Manuel; and threats against the community of Nuevo Paraíso, in the official municipality of Ocosingo, Chiapas, who belong to the Good Government Junta “The Path to the Future,” Caracol III, La Garrucha.

On 12th February, 2015, this Centre for Human Rights documented the destruction of a piece of land belonging to a BAEZLN in the community of El Rosario, and the tense situation that has existed for about 3 weeks due to the incursions of armed people from Pojcol, in the municipality of Chilón, Chiapas, who have fired gunshots into the air during the night.

According to the testimonies, the aggressor group has the collaboration of people from Guadalupe Victoria and El Rosario, who are facilitating the acts of aggression, threats and harassment against the BAEZLN.

On 22nd February, 2015, Frayba received information regarding two letters signed by a “representative of Pojcol group”, which warn and give a deadline to the BAEZLN: “[…] that they must withdraw the Zapatista guard from that place (El Rosario) or else we will take Nuevo Paraíso […] ” “To Avoid further bloodshed […] “

The acts of aggression and threats made by the “group from Pojcol” violate the right to autonomy and self-determination, as well as endangering the life, safety and physical integrity of the BAEZLN community of El Rosario and Nuevo Paraíso. These rights are enshrined in the Mexican Constitution and Convention 169 of the International Labour Organization (ILO), the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, as well as the San Andrés Accords.

This Human Rights Centre has been informing the government of Chiapas about the situation of risk that exists in el Rosario since July 2014, but to date they have taken no effective measures to resolve the conflict.

Therefore, this Centre for Human Rights demands from the Mexican government:

  • That the autonomy of the Zapatista Peoples is respected, particularly of the communities of El Rosario and Nuevo Paraíso.
  • That the necessary measures are adopted to safeguard the lives and integrity of the people living in the communities of El Rosario and Nuevo Paraíso, preventing the conflict from escalating.
  • That the necessary measures are effectively implemented to stop the violence against the BAEZLN.
  • That they investigate and punish the offenders of the self-identified group Pojcol, which since July 2014 has harassed and assaulted the BAEZLN and residents of the region.

Background:

On Friday 25th July 2014, 19 armed persons entered the land for regional collective work of the MAREZ of San Manuel, leaving a sign which read: “territory of Pojcol” and threatening the Autonomous Communities of El Rosario and Egypto that they would dispossess them of their lands; later, on 1st August people from the ejido Pojcol forcibly displaced 32 people from the community of Egipto. 1

On 6th August, 2014, 15 people from Pojcol entered the lands of the BAEZLN from the MAREZ previously referred to, where they felled trees and fired shots into the air. The same day, they also fired shots into the air in communities of El Rosario and Kexil. Due to these facts, the Centre for Human Rights issued an Urgent Action on 7th August, 2014 and updated it on 15th August of that year. 2

1  Fray Bartolomé de Las Casas Human Rights Centre, press release 22, August 4, 2014. Available at: http://www.frayba.org.mx/ file / newsletters / 140803_ boletin_22_desplazamiento_ baez.pdf

In English: https://dorsetchiapassolidarity.wordpress.com/2014/08/06/32-people-from-the-autonomous-community-egipto-belonging-to-the-caracol-of-la-garrucha-are-forcibly-displaced/

2  Fray Bartolomé de Las Casas Human Rights Centre, urgent action 03 and upgrade, 7th and 15th August, 2014 respectively. http://www.frayba.org.mx/ archivo/acciones_urgentes/ 140613_au_3_bazeln.pdf and http://www.frayba.org.mx/ archivo/acciones_urgentes/ 140815_au_03_actualizacion_ baezln.pdf

In English: https://dorsetchiapassolidarity.wordpress.com/2014/08/16/displacement-risk-of-dispossession-and-threats-to-support-bases-of-the-ezln/

https://dorsetchiapassolidarity.wordpress.com/2014/08/09/death-threats-harassment-with-guns-forced-displacement-and-attacks-on-zapatista-support-bases/

 

solidaridad-ezln

 

 

 

 

 

 

 

BRASIL 14, BARRIO MEXICANOS, CP 29240. SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS, CHIAPAS, MÉXICO. TELEFAX + 52 (967) 678 3548, 678 3551, 678 7395, 678 7396 www.frayba.org.mx  frayba@frayba.org.mx

http://www.frayba.org.mx/archivo/boletines/150225_boletin_04_baezln_el_rosario.pdf

.

********************************************************

.